La Politique Nationale de Migration (PONAM) : Un véritable instrument de gestion des flux migratoires

Situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest et carrefour entre le Sahel et le Maghreb, le Mali est un pays de tradition migratoire tant sur le plan national qu’international. Les dynamiques migratoires au Mali s’expliquent d’une part par l’ancrage social important de la migration au sein de certaines communautés et d’autre part, l’impact des politiques d’ajustement structurel de la fin des années 1980 qui ont conduit à une crise de l’emploi sans précédent suite au licenciement de nombreux travailleurs des entreprises étatiques.

A ces deux facteurs, il convient d’ajouter des contraintes géographiques, écologiques, économiques et sociales qui ont également entraîné et continuent d’entraîner une grande mobilité des populations. La population malienne vivant à l’étranger est estimée à 4 millions[1] de personnes dont 3,5 millions en Afrique et le reste reparti entre l’Europe et les Amériques.

Au-delà de ses apports multiformes au développement socioéconomique du pays, la diaspora malienne se caractérise également par la nature de ses relations avec le pays d’origine. Selon les statistiques de la Banque Mondiale et de la Banque Africaine de Développement (BAD), les transferts de fonds des migrants maliens dépassent annuellement quatre cents milliards (400 000 000 0000) de francs CFA.  Etant entendu que les montants transférés de façon informelle représentent 60% des transferts selon la BAD en 2009.

A cette manne financière qui sert pour l’essentiel à l’entretien des familles, à la mise en place d’infrastructures de base dans les localités d’origine et dans une moindre mesure à l’investissement productif ; il faut ajouter l’intervention de la diaspora intellectuelle dans le processus du développement de notre pays.

En dépit de ses aspects positifs, il est important de signaler que la migration reste un défi majeur pour le Mali. Et ce, au regard des nombreux drames liés à la migration irrégulière. En 2015, les services du Ministère des Maliens de l’Extérieur ont enregistré  trois cents soixante seize (376) cas de jeunes maliens morts noyés dans la Méditerranée. Il va sans dire ainsi que la gestion de la migration est une priorité pour les plus hautes autorités de notre pays.

Après avoir mis en place un cadre institutionnel de gestion efficace de la question migratoire et conscient des enjeux de la migration, le gouvernement du Mali a élaboré une Politique Nationale de Migration (PONAM). Adoptée en conseil des Ministres du 03 septembre 2014, la Politique Nationale de Migration (PONAM), assortie d’un ambitieux Plan d’Actions (2015-2019), tient compte des multiples enjeux  et défis de la migration.

[1] Dé La PONAM émane de la conviction des plus hautes autorités de notre pays à faire de la migration un véritable atout pour le développement de notre pays, un facteur de croissance et de réduction de la pauvreté.

Elle le fruit d’une large démarche participative au niveau local, national et international avec tous les acteurs intervenant dans la gestion de la  migration. Accompagnée d’un Plan d’Actions dont l’incidence financière est évaluée à 120 milliards de francs CFA, la Politique Nationale de Migration est structurée en huit axes stratégiques.

La PONAM vise une meilleure protection des Maliens de l’Extérieur, la réduction des drames liés aux flux de migration irrégulière, la mobilisation de la diaspora, le renforcement des capacités des organisations de la société civile et une meilleure connaissance des dynamiques migratoires et tendances de l’immigration au Mali.

Sa mise en œuvre a été amorcée depuis son adoption par le Gouvernement en septembre 2014. Le Mali, il convient de le rappeler, est le deuxième pays africain après le Nigeria à se doter d’une politique nationale de migration. Cela dénote de l’importance que nos plus hautes autorités accordent à nos compatriotes vivant à l’étranger et aux questions migratoires qui constituent des défis majeurs de notre société contemporaine.

Délégation Générale des Maliens de l’Extérieur, 2009.

 

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