Centre du Mali : la tenue des élections menacée

Centre du Mali : la tenue des élections menacée

Le camp militaire de Soumpi, localité située à une quarantaine de kilomètres de Niafunke, dans la région de Tombouctou a été pris d’assaut , tôt ce samedi matin par des hommes lourdement armés, à bord de pick-ups.Le bilan officiel fait état de 14 morts, 18 blessés côté malien,contre 17 assaillants tués. L’armée malienne a repris le contrôle de la zone et continue d’y mener des ratissages.De sources locales, la psychose y régnait la mi-journée malgré un calme relatif. Samedi vers 5heures du matin des tirs retentissent en provenance de la position de l’armée malienne, stationnée au nord de Soumpi . « Des hommes à bord de 15 véhicules se dirigent sur le camp, y lancent des roquettes, avant de se servir d’armes automatiques aux abords du camp », témoigne une source anonyme qui estime que les tirs ont duré une heure avant l’arrivée de renforts maliens. Les combats ont occasionné « 14 morts et 18 blessés »dans le rang des forces armées maliennes ,et « 17 tués  » côté assaillants, selon un communiqué de l’armée qui a qualifié l’acte de « terroriste » ,et affirme la reprise du contrôle de la zone  par les famas après l’arrivée de renforts positionnés non loin de l’endroit ciblé. Les renforts ont mis une heure avant d’être sur place , confie un élu local contacté par le studio Tamani. Un véhicule de l’armée malienne aurait sauté sur une mine et fait une dizaine de blessés. Les famas assistées d’un hélicoptère ont détruit 13 véhicules de l’ennemi. Toutefois selon l’élu ,les assaillants ont pu s’échapper avec deux véhicules.D’autres sources rapportent que les visiteurs se sont enfuis avec des véhicules et munitions de l’armée qui aurait été « surprise » par cette attaque « complexe » selon des sources contactées par radio France international. Soumpi est régulièrement confronté à des attaques armées.Le dernier épisode date d’il y’a quelques mois, lors de la visite de l’ex premier ministre Abdoulaye Idrissa Maiga.Un convoi militaire avait roulé sur une mine et tué de soldats maliens, d’énormes dégâts matériels avait été  enregistrés. Le directeur général du service d’information militaire ,DIRPA,Diarra Kone, invité au 20H du samedi sur la chaîne nationale, ortm avait confirmé la maîtrise de la situation par les famas qui y poursuivaient toujours des opérations de ratissages. • Cette attaque comme les trois autres enregistrées plutôt dans la semaine au centre et sud du pays avec près 40 victimes civiles et militaires, notamment le passage sur une mine artisanale d’un véhicule forain en provenance de Djibo(Burkina Faso) pour la foire hebdomadaire de Boni, dans le cercle de Douentza et qui a fait 27 morts dont sept issus d’une même famille, rapporte l’afp, s’avère être une réelle menace pour les élections présidentielle, régionale et municipale partielle ,mainte fois  reportée pour cause d’insécurité dans certaines localités du centre, nord et de plus en plus au sud notamment dans la région de Ségou où s’étend des activités terroristes rythmées par par des assassinats et d’enlèvements civils et militaires par des éléments proches de la katiba de Macina ,menée par le prédicateur peulh Hamadoun Kouffa qui y dicte la charia en lieu et place de la justice conventionnelle ,largement contestée, et ses officiers sérieusement vulnérables comme le juge de Niono toujours détenu par les bandits armés.Il  y’a

quelques mois, le juge ,dans une vidéo de propagande diffusée par l’agence de presse Mauritanienne Amaq,appelait l’Etat à institutionnaliser la loi islamique (charia) Comme loi fondamentale au Mali. Pour l’heure pas de revendication officielle, mais les services militaires, l’ensemble de la classe politique et la société civile privilégient la piste « terroriste  » et appellent à un sursaut patriotique.Cette flambée d’attaques « terroristes  »survient moins d’un mois de la nomination du cinquième premier ministre du quinquennat du président Keita, en la personne de Soumeylou Boubeye Manga, réputé homme de réseau au profil sécuritaire aigu.Il y’a trois semaines, il promettait des «  mesures fortes » pour le retour de la stabilité au nord et centre du pays à travers un retour en puissance des forces armées maliennes que Bamako brandit comme une riposte efficace à la menace extrémiste. Toujours dans cette tentative de reprise en main de la situation sécuritaire du pays par ses forces de défense et de sécurité,le premier ministre malien s’est rendu à Alger pour sa première sortie officielle,une visite que Bamako et Alger qualifient d’ « amitié » mais dont  l’enjeu éminemment sécuritaire n’échappe à personne. Plusieurs observateurs accusent l’Algérie d’entretenir une sorte de deal avec les différents groupes qui écument le sahel , et projettent des menaces au-delà de cette région.Pour Boubacar Bocoum, politologue basé dans la capitale malienne, la position de l’Algérie vis-à-vis des groupes armés qui s’y refugient comme leur base arrière est surtout dictée par une approche nationale qui ,tout en se voulant non interventionniste ,fait semblant d’avoir à cœur de circonscrire la menace terroriste dans l’espace sahélien ou du moins dans la limite de ses frontières quitte à pactiser avec les forces y opérant. Un franc de jeu de la part de l’Algérie est plus qu’utile pour une riposte efficace contre l’extrémisme au sahel. Des experts sécuritaires plaident pour une large coalition autour du G5Sahel,qui regroupe déjà le Mali, le Niger, le Burkina, la Mauritanie et le Tchad.Cette force qui a lancé début janvier sa deuxième opération ‘’Pagnali’’, tonnerre en peulh,et qui se concentre sur la frontière commune entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso n’a toujours pas atteint sa vitesse de croisière faute de moyens.Raison de plus pour certains analystes de privilégier un mécanisme de défense commune qui irait au-delà des pays de champ,et regrouperait une entité plus vaste et plus Compliste. Au lendemain de cette escalade des attaques, à Bamako, un regard accusateur est tourné vers Paris qui verrait d’un mauvais œil le rapprochement entre Alger et Bamako comme un danger sur son agenda que personne ne semble connaître dans une non guerre qui ne fait que commencer. L’onu de son côté avait insisté sur la fragilité de la situation sécuritaire au Mali, où malgré une présence massive de casques bleus et élément de la force France Barkhane, la situation n’a bougé d’un iota. Et dans ce cas de figure, organiser les élections prévues dans moins de cinq mois relève du miracle surtout que sur la question la classe politique malienne qui fait exceptionnellement Front uni dans ces dernières heures contre l’ennemi « barbare », est loin d’enterrer la hache de guerre.Les prochains jours édifieront sur le malaise qui s’est emparé de la classe politique.

Aly Bocoum

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