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Droits de l’homme : le Mali dans une période tumultueuse depuis 2012

Depuis la crise de 2012, le Mali fait face à de graves exactions en matière de violations des droits de l’homme. Organismes internationaux, ONG, structures gouvernementales, tous sont unanimes sur le fait que les droits de l’homme sont à déplorer au Mali.

Dans un rapport publié le 09 Février 2018, la Mission multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a évoqué plusieurs cas de violations des droits humains au cours de ces dernières années.

Ces deux dernières années, la division des droits de l’homme de la MINUSMA a recensé plusieurs cas de violations et d’abus des droits de l’homme, des personnes tuées, victimes de disparitions forcées et de tortures ou de mauvais traitements, dont la grande majorité était constituée d’enfants et de femmes.

Pour l’année 2017, des cas de violations et d’abus ont occasionné plus de 569 victimes. Les groupes armés signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et la Plateforme, ainsi que les groupes armés dissidents ou non signataires de l’Accord, dont le Mouvement pour le salut de l’Azawad, le Congrès pour la justice dans l’Azawad, et la Coordination des mouvements et fronts patriotiques de l’Azawad II (CMFPRII) ont été impliqués dans des violations. Et aussi des groupes comme Al-Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI), Ansar Eddine, la Katiba Macina, Jama’at nusrat al-Islam wal Muslimeen (JNIM), Al Mourabitoun et autres groupes similaires.

Les forces internationales ainsi que les éléments du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC), tous, ont aussi été impliqués dans des violations.

De son côté, dans son rapport annuel, rendu public le 22 Février, Amnesty international fait aussi état de graves violations des droits humains : des attaques qui se sont multipliées dans les régions de Mopti et Ségou, des tensions entre ethnies, des attaques qui ont visé les forces de maintien de l’ordre, les forces de sécurité maliennes et des militaires étrangers revendiquées par des groupes islamistes.

Des attaques ont aussi visé des lieux publics, sans oublier les cas de flagellations, d’enlèvements et de prises d’otage. La liberté d’expression était menacée à l’approche du referendum sur la révision de la constitution. Les forces de l’ordre ont eu recours à la violence pour disperser des manifestants, en utilisant le gaz lacrymogène et des matraques faisant ainsi des blessés.

Des menaces physiques et verbales ont visé des opposants au referendum. Des tentatives d’assassinats ont été perpétrées. Les prisons sont surpeuplées et les conditions de détention sont mauvaises. Des enfants sont privés du droit à l’éducation et plusieurs écoles fermées par les djihadistes. Des jeunes filles et femmes sont victimes de violences, de viols…

« La situation des droits de l’homme au Mali n’est pas appréciable dans la mesure où les violations se poursuivent malheureusement. La CNDH au Mali a été installé depuis mai 2017, mais jusqu’à présent nous n’avons pas été mis dans les conditions de travail, nous avons besoin d’enquêter, sonner sur la sonnette d’alarme mais nous n’avons pas encore les moyens d’enquêter » déplore Filifing Diakité, rapporteur à la Commission nationale des droits de l’homme du Mali (CNDH).

                                                                                                          Hamsetou Toure

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