Mairie du district : les demandeurs de vignettes souffrent le calvaire

La course pour avoir la vignette biométrique est un véritable parcours de combattant pour les motocyclistes et les détenteurs de tricycle. De 8 heures à 17 heures, la cour de la Mairie centrale déborde de demandeurs jusqu’aux alentours. 

Lancée le 12 Mars au lieu du 02 mars, la course pour l’obtention de la vignette est un véritable casse-tête pour ceux qui veulent suivre la voie normale. En effet, la mairie centrale ne dispose que de dix guichets pour tout Bamako.

« Je suis arrivé à 6 heures pour pouvoir faire partie des premiers mais, comme vous voyez je suis encore là, je n’ai pas le choix. Je pourrais bien payer d’autres personnes pour le faire à ma place, mais je ne peux pas me le permettre vu mes maigres moyens », se plaint Namkè Keita, conducteur de tricycle.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres 

Très alertes et vigilants, les coursiers et autres « coxeurs », qui infestent la devanture et l’enceinte de la mairie, affluent comme des guêpes vers les demandeurs de vignettes. A peine accostés, ces derniers sont envahis voire harcelés avec la manière la plus déconcertante. Et, bonjour la spéculation sur le prix du précieux sésame normalement cédé au prix de 6000 francs CFA. Hélas !

« Toujours le même spectacle ! Chaque année c’est pareil, ils disent que c’est pour des raisons sécuritaires, moi je viens d’ajouter 1000 francs à l’argent de la vignette que j’ai remis à un gars, mon travail ne me permet pas de faire cette longue queue » déplore Sidiki Dembélé, enseignant.

 La vignette fait partie des impôts et taxes et, ce faisant, n’est délivrée qu’à la mairie du district de Bamako. « C’est pourquoi, nous n’avons pas décentralisé. Les gens viennent au même moment, par crainte d’arriver vers l’échange, c’est ce qui explique la masse », affirme Aguissa zouladeini Maïga, receveur-percepteur à la mairie du district, pour justifier l’absence de délocalisation des points de vente.

Lutte contre la fraude

« Par le passé, nous avions décentralisé, poursuit l’agent. Nous avions deux points de vente notamment en commune 6 et commune 4, mais les agents fraudaient. C’est pour des mesures sécuritaires. Il faut avoir les moyens de la décentralisation, c’est-à-dire la logistique : des ordinateurs, des imprimantes. Donc, c’est pour que les gens puissent être servis rapidement et qu’ils puissent partir. Nous permettons également aux établissements de faire la liste de leurs personnels avec les tarifs qu’il faut et nous leur délivrons, tout cela pour diminuer la masse également. »

« Ne vous prêtez pas au jeu de ceux qui sont entrain de trafiquer au dehors, le prix des vignettes c’est 6000 francs, 12000 francs, 1 500 francs en dehors de ça, ne rentrez pas dans un autre jeu car ça amène des irrégularités. », conclut-il.

                                                                                                Hamsetou Toure

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