Mars 1991 : un acte inachevé

Le groupe patronal de la presse écrite en partenariat avec la maison de la presse du Mali a organisé, dimanche 25 mars une journée de réflexion sur le mouvement démocratique issu de l’insurrection populaire de mars 1991.

 Sur le thème : mouvement démocratique : 27 ans après, défis et perspectives, des acteurs de la révolution de mars 1991 se sont succédés à la tribune pour dresser le bilan de la démocratie au Mali et dégager des pistes afin de l’améliorer.

Traditionnellement le 26 mars est une occasion pour rendre hommage aux hommes et femmes qui ont versé leur sang pour l’avènement de la démocratie. C’est aussi l’occasion pour mesurer la marche du pays par rapport aux années dictature.

Le Pr Aly Nouhoum Diallo, Hamidou Konaté de l’édition Jamana et Belco Tamboura (journaliste à Aurore en 1991), saluent des avancées sur le plan matériel (infrastructures sanitaire, scolaire, routière).

Par ailleurs, ils s’accordent également sur l’atteinte des objectifs du mouvement démocratique de mars 1991 : la liberté d’expression, le pluralisme politique, le respect des droits de l’homme entre autres.

Toutefois, selon Belco Tamboura ces revendications relevant de l’idéal exigent un combat de longue haleine pour être préservées. Plus modeste, le Pr Aly Nouhoum Diallo affirme que les acteurs du mouvement démocratique sont redevables au peuple malien. L’ancien président de l’assemblée invite les acteurs de l’époque à « sortir des postures », et poser un regard lucide sur le parcours démocratique du pays.

Souleymane Koné constitutionnel, militant du parti Fare, insiste sur la nuance entre le mouvement démocratique et les partis qui se sont emparés du pouvoir à travers le mouvement. L’universitaire qui confie avoir milité aux côtés de Victor Sy ou encore Ibrahima Ly appelle à dresser séparément le bilan du mouvement de mars et celui des partis parvenus au pouvoir à la faveur de la révolution.

Intervenant pour une rare fois dans un débat post- 1991, l’ancien leader des jeunes de l’UDPM, Dr Choguel K. Maïga a démonté la rhétorique des acteurs du mouvement démocratique. Parlant de l’ouverture démocratique, Choguel révèle que, le parti unique d’alors avait proposé aux responsables du mouvement insurrectionnel une transition de neuf mois au terme de laquelle, le pluralisme politique tant réclamé serait garanti et les acteurs politiques mieux formés pour assurer la révèle.

Puisque l’unique finalité du mouvement était de renverser Moussa, ses leaders ont gardé secrètes les propositions et poussés au soulèvement, accuse Choguel K Maiga.Quant au bilan, de ce que d’autres appellent « la révolution de mars 91 », l’ex- ministre le saisit à travers ses principaux maillons : les élevés et les militaires.

Choguel, remarque que 27 ans après, l’école malienne est la dernière dans la sous-région. Ensuite vient la décomposition de l’armée qui faisait objet de convoitise à travers l’Afrique. « Ces deux segments suffisent à se faire une idée sur bilan de mars 1991 », ironise-t-il avant d’enchainer qu’au moins en 1991, le Mali n’était pas divisé.

Le débat aura été riche en enseignement pour les dizaines de jeunes qui n’avaient droit qu’à une seule version du feuilleton de mars 1991.Dorenavant les udpmistes ne veulent plus se taire. Ils comptent saisir tous les canaux pour livrer la vraie histoire de mars 1991.

A.B

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*