Présidentielle 2018 L’Adema-PASJ fait durer le suspense sur la candidature de Dioncounda Traoré

Mercredi 21 mars 2018, l’appel à candidature en vue de l’élection présidentielle de juillet prochain a été officiellement clôturé au sein de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema-PASJ).Six candidatures ont été enregistrées, dont celle de l’ancien président de transition, Dioncounda Traoré, laquelle, si elle se confirme, menace la quiétude au sein de la ruche.

 La candidature de Dioncounda relève, pour beaucoup, de la surprise. Pour d’autres, c’est simplement une manœuvre pour amener le parti Adema, un des plus grands du pays et allié du pouvoir, à se ranger derrière la candidature probable du président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta dit « IBK ».

Les partisans de la seconde hypothèse ont toujours plaidé pour une candidature interne lors des élections présidentielles prochaines dont le premier tour est prévu le 29 juillet, sauf grosse surprise. Textes à l’appui, ils revendiquent le leadership du vieux parti sur l’échiquier national.

Kalfa Sanogo, Dramane Dembélé et Moustapha Dicko, les figures de proue de cette tendance étaient acquis au compromis. Les prétendants à l’investiture des abeilles s’étaient même associés à l’initiative de leur formation de désigner le « camarade Dioncounda » comme porte étendard des abeilles en 2018, conformément aux recommandations de la 15e conférence de l’Adema-PASJ.

Alors, rappelle le trio dans communiqué publie le 20 mars, l’ancien président de la transition en 2013, avait décliné l’invitation, invoquant une dette « morale » vis-à-vis du président Keïta, lui-même ancien militant du parti des abeilles.

Dans la lettre diffusée depuis Sikasso, bastion de Kalfa Sanogo, membre influent de l’Adema-PASJ, les trois militants, candidats aux primaires, ont annoncé la suspension de leur participation au processus de désignation du candidat du parti dans la perspective de l’élection présidentielle de juillet prochain.

Dans l’argumentaire du trio, ce retrait s’explique par le refus de jouer le jeu des sympathisants du pourvoir en place, qu’ils accusent d’employer des « manœuvres dilatoires » pour parvenir à une candidature de fait de l’Adema-PASJ en 2018.

Pour illustrer ce qu’ils qualifient de complot contre le parti, Moustapha Dicko, Dramane Dembélé et Kalfa Sanogo regrettent la volonté des cadres du parti de vouloir introniser le Pr Dioncounda coûte que coûte.

Les fidèles de Dioncounda Traoré, comme Boubacar Sankaré, secrétaire général de la section Adema-PASJ de Banankabougou, en confirmant la candidature de l’ex président de la transition, disent de lui qu’il est le faux-bourdon à même de rassembler toute la colonie. Selon, M. SanKaré, la candidature du Pr Dioncounda, en plus de sa base de Nara, mobilise plus de 50 sections alors que ses adversaires cumulent à peine une dizaine de soutiens.

Au-delà de la ruche, la candidature de Dioncounda Traoré aux primaires Adema-PASJ, est perçue comme une « ingérence » extérieure pour sonner le glas de la formation d’Alpha Oumar Konaré en proie à une rivalité interne qui s’est cristallisée autour du rixe entre pro et anti-IBK.

Pour l’heure, on ne sait rien d’autre de cette candidature « surprenante », à en croire RFI. Ni Dioncounda, ni ses proches collaborateurs n’apportent la moindre information sur sa candidature. Tout reste possible, même l’accès à Koulouba, là où l’homme à l’écharpe blanche a échappé de justesse à un lynchage.

Aly Bocoum

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