Association pour le Mali (APM) : A la croisée des chemins ?

A quatre mois de l’élection présidentielle, les ‘’Association pour le Mali’’ de Me Mohamed Aly Bathily, ancien ministre viré du gouvernement en fin décembre, sont déchirées entre pro et anti-IBK.

Depuis le 22 mars dernier, Me Mohamed Ali Bathily, le président des APM, a été suspendu de ses fonctions. Cette décision est intervenue à l’issue d’une réunion organisée par le bureau exécutif national, qui reproche à l’ancien ministre son refus de soutenir IBK à l’élection présidentielle prochaine et d’avoir organisé une Assemblée générale au lieu d’un congrès.

Pour Ibrahim Maré, vice-président des APM, certains membres utilisent le mouvement à des fins personnelles. « Me Bathily n’a pas été suspendu, car il y a des conditions pour suspendre un président de ses fonctions dans le règlement intérieur », affirme-t-il. Pourtant, Cheick Hamalla Mamadou Koné,  porte-parole du bureau exécutif, soutient que l’ancien ministre a été suspendu de ses fonctions « compte tenu de ses nouvelles orientations qui vont à l’encontre du statut et du règlement intérieur des APM. »

« Dans le statut et le règlement intérieur, il est dit que le mouvement est la coordination des associations et des clubs de soutien à IBK. Tous ceux qui s’opposeront à cette vision seront sanctionnés », ajoute M. Koné, qui précise que l’Assemblée générale, organisée par Me Bathily, est différente du  congrès.

En décembre dernier, Me Mohamed Aly Bathily a cédé son portefeuille des Affaires foncières et des Domaines de l’État avec, en toile de fond, des tensions au sein du gouvernement qui se cristallisaient autour de son fils, le chroniqueur Ras Bath, pourfendeur du régime, qu’il n’avait plus peur de défendre publiquement.

Depuis son départ du gouvernement, la discorde semble consommée entre Me Bathily et  le président Keïta, qu’il avait pourtant soutenu en 2013. « Toute la logique de Me Bathily était de gouverner avec Ibrahim Boubacar Kéita. Vu qu’il a été sorti du gouvernement, il va falloir qu’il se cherche un point de chute avec son association », estime Dr. Baïla Niang, spécialiste en sciences politiques.

Cette crise ferait courir au mouvement APM, le risque de disparaître juridiquement, à en croire certains membres, qui sont d’avis que Me Bathily se montrant comme l’initiateur de cette association ira avec son récépissé si le bureau exécutif l’abandonne. « Les membres du bureau exécutif ont aussi intérêt à collaborer avec l’ancien ministre, Mohamed Ali Bathily, sans quoi les APM resteront sans pouvoir », ajoute Dr.  Niang. Reste que Me Bathily,  ayant une branche fidèle à lui, risque aussi de perdre sa crédibilité à travers cette crise dans les arcanes du monde politique et associatif,  « car une alternance ne se réalise pas en un seul coup d’essai. », conclut M. Niang.

Abdoul Karim Hadji SANGARE

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