Faut-il craindre une crise post-électorale au Mali ? (témoignages)

Alors que plusieurs localités échappent encore au contrôle de l’État malien, le pays organisera cette année une série de scrutins, notamment l’élection présidentielle. L’échéance suscite espoirs et inquiétudes. Réactions.

Moussa Mara, Président du Parti Yélèma, ancien Premier ministre :  Il faut toujours craindre une crise post-électorale. Cela permettra de s’organiser pour qu’il n’y en ait pas. Nous avons l’habitude d’organiser des élections au Mali. Nous devons nous fonder sur cette expérience pour bien préparer les élections à venir. Il faut associer toutes les parties, veiller à la sécurisation du processus et du scrutin, et surtout faire en sorte que tous les électeurs, notamment les jeunes, puissent avoir l’occasion de voter. Il faut surtout éviter les fraudes en tous genres. A mon avis, si le gouvernement va dans ce sens, il apaisera le climat.

Mamady Kaman Kanté, comptable et président des jeunes du parti Mouvement pour un destin commun (MODEC) : Le pays est au bord du précipice, l’élection présidentielle de juillet prochain suscite beaucoup d’inquiétudes. Alors, il n’y a pas de solution miraculeuse, mais plutôt faire une analyse objective de la situation pour une présidentielle apaisée, crédible, libre et transparente. Que chacun fasse un effort pour que le Mali continue d’exister afin que nous-mêmes puissions-nous épanouir. Il faut des rencontres d’échange, des campagnes de sensibilisation pour que tout le monde puisse comprendre l’enjeu de cette élection. Surtout, évitons l’amalgame ! C’est difficile que tout soit parfait. Nous devons consentir jusqu’au sacrifice suprême pour le bonheur de nos concitoyens, et le rayonnement, au plan international, de la mère patrie. Qu’Allah bénisse le Mali !

Dramane Siaka Coulibaly, administrateur des arts et de la culture : La situation qui prévaut actuellement au Mali, notamment sur la question des élections présidentielles, n’est pas assez rassurante. Pour cause, de nombreux défis attendent d’être relevés. A défaut, Il faut le dire, le pire est à craindre. Le premier défi est relatif à la loi électorale, et je pense que le temps n’est plus favorable à cela. En plus, il y a le problème du fichier électoral, la carte d’électeur. L’unanimité autour de toutes ces questions est un facteur important non seulement pour le déroulement mais aussi la transparence du scrutin. Pour que ce scrutin présidentiel soit salué, il faut vraiment des efforts au sommet de l’État et tout de suite pour éviter une crise électorale. Sa réussite dépend de la bonne organisation et sur tous les plans.

Abdoulaye Guindo, journaliste, blogueur : Avec l’épisode de la contestation du projet de révision, des risques de contestations existent. En effet si les résultats ne sont pas acceptés par une partie du peuple, des manifestions peuvent avoir lieu et déboucher sur une crise postélectorale. Cependant, il existe un espoir que cette crise soit très vite résolue. Cet espoir n’est autre que le sens du dialogue du peuple malien. Il a su trouver les voies et moyens de sauver la nation chaque fois qu’elle est en péril.

Seydou Traoré, enseignant au Lycée : Je ne pense pas. Mais à condition que la société civile, l’opposition, c’est-à-dire toutes les forces vives de la nation, soient associées à l’organisation de ladite élection. Pour qu’elle soit libre, transparente et acceptée de tous. Et je crois, très bien, que les autorités compétentes ont des moyens pour relever ces défis.

Namory Komagara, carreleur : Je pense que les Maliens n’ont pas besoin d’une crise postélectorale parce qu’ils ont assez souffert. Les Maliens ont acquis la maturité en politique et aujourd’hui notre jeune démocratie est un exemplaire en Afrique. C’est impossible qu’il ait une crise postélectorale au Mali. Les autorités et les partenaires travaillent depuis des années pour qu’il y ait toujours des élections crédibles, acceptables par tous, d’où le RAVEC en 2008. Je pense qu’avec la carte NINA, le vote est un peu sécurisé contre les fraudes. Alors, il faut la mobilisation pour qu’il y ait plus des votants.

SKK

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