Mali : regain de violences au nord et centre

Mali : regain de violences au nord et centre

A moins de cent jours de l’élection présidentielle, la situation sécuritaire se dégrade au nord et au centre du Mali. Alors que sur le terrain, les forces armées maliennes et étrangères intensifient la traque aux terroristes.

Fief des combattants de la coalition Groupe armé touareg Imghads et alliés (GATIA)-Mouvement pour le salut de m l’Azawad (MSA), qui mènent une guerre sans répit contre les groupes armés terroristes à la frontière Mali-Niger, la région de Ménaka est régulièrement visée par des attaques. Selon un communiqué du MSA, les 26 et 27 avril, deux raids menés par des « hordes de malfrats » ont causé la mort de « quarante-trois personnes » dans les campements d’Aklaz et Awakassa.

Une autre source avance une douzaine de victimes. Dans la nuit du 26 au 27 avril, des hommes lourdement armés, arrivés sur 16 motos, ont fait irruption dans un campement à Aklaz, une localité située à la frontière Mali -Niger, selon une source locale, tuant une douzaine de personnes. Parmi les victimes, des enfants mais aussi des personnes âgées.

Les terroristes en cause

L’attaque n’a pas été revendiquée. Le Mouvement pour le salut de l’Azawad a condamné les « crimes de masse perpétrés par ces criminels sanguinaires, sans foi ni loi contre des populations civiles sans défense ». Aussi, le MSA a lancé un appel pressant aux gouvernements du Mali, du Niger afin qu’« une initiative sérieuse soit engagée, en vue de mettre immédiatement fin aux crimes abominables qui sont commis », peut-on lire dans un communiqué publié le 27 avril.

Quelques semaines plus tôt, des affrontements entre les milices et des groupes affiliés à l’État islamique dans le grand Sahara d’Adnan Abu Walid al-Sahraoui ont fait plusieurs morts.

Le rapt, nouveau mode opératoire

Dans la région de Mopti, la semaine a été émaillée d’enlèvements. Dans le cercle de Youwarou, deux individus ont été enlevés jeudi dernier. Les rapts auraient été orchestrés entre Dialloubé et Seweri, sur la route de Mopti. Aux environs de Douentza, le sous-préfet de Hombori, en partance pour Mopti, a été attaqué par des individus armés non identifiés. Selon une victime, les assaillants ont saisi le véhicule et se sont enfuis avec le préfet à bord. Une poursuite a été immédiatement engagée par la Minusma, affirme la même source.

Des nombreuses localités du centre du pays demeurent sous le contrôle des groupes terroristes, proches de la katiba Macina, dirigé par Hamadoun Kouffa. Les enlèvements et intimidations y sont monnaie courante et ne manquent pas d’alimenter les conflits entre les communautés, sur fond d’amalgame.

Le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, en visite dans la région, avait promis un redéploiement massif de l’armée et le retour de l’administration dans les zones sous contrôle des groupes extrémistes violents. La Minusma se déploie de plus en plus dans la région de MoptiCe dispositif devrait être soutenu par l’opération « Foronto » de la force G5 Sahel, qui vient d’être lancée et s’étendra aux frontières Mali-Burkina-NigerDans le cadre de l’opération « Dambé », plusieurs opérations ont été menées par les forces armées maliennes dans le centre. Au même moment, les forces armées maliennes sont régulièrement accusées d’atteinte aux droits de l’homme.

Aly Bocoum

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