Tourisme : le blues des guides touristiques

Le métier de guide fait partie des secteurs touchés par la crise que traverse le Mali. Être guide par les temps qui courent n’est pas chose aisée. Aujourd’hui, les acteurs de ce secteur sont soit sans emploi, soit reconvertis dans d’autres activités.

Qui n’a jamais entendu parler de Dramane Cissé Alias Dra Guide, ce jeune guide décédé en 2000, des suites d’un accident de la route sur la route de Djenné ? Le métier de guide nourrissait son homme. De Mopti en passant par le pays Dogon, Tombouctou, Gao et Kidal toutes les activités touristiques sont suspendues à cause de l’insécurité qui y prévaut.

Ahmed Mohamed est un jeune guide, basé à Tombouctou. Joint au téléphone depuis la cité mystérieuse, il confie au Flambeau le désespoir que vivent de nombreux guides.   « Je suis guide touristique, également interprète anglais-français et en langues locales. J’ai travaillé avec les soldats américains avant la crise comme interprète à Tombouctou et Gao. Avec la crise tout est bloqué maintenant, il n’y a plus de tourisme », déplore-t-il.

Selon lui les agences de voyages, qui étaient à Tombouctou et dans les autres régions, prennent d’autres destinations comme le Burkina Faso.

 « Maintenant, je suis avec des amis qui sont à Bamako sur un projet de cartes postales, confie-t-il. Je suis leur partenaire ici, ils m’envoient des cartes postales que je grave avec des cachets ensuite je leur envoie et de Bamako, ils envoient partout à travers le monde. On a également mis au point un site où les gens peuvent faire des achats et obtenir d’informations sur la ville. Souvent il y a des gens qui viennent exprès pour Tombouctou, mais ne pouvant pas y venir, on les rencontre à Bamako. Et on amène avec nous ce qui peut se trouver à Tombouctou (les habits, les chaussures, les objets d’arts). »

Avant d’ajouter avec une mine triste qu’ « il y a d’autres qui ne font rien maintenant, c’est leurs domaines ,ils ne savent rien faire d’autre que ça. »

 « On ne peut même pas parler maintenant de tourisme au Mali. Au début, c’était seulement les régions du Nord (Tombouctou, Gao, Kidal.). Maintenant, Mopti est plus touchée que les autres régions. On avait envisagé le tourisme de l’intérieur mais aujourd’hui cela est impossible à cause de la situation sécuritaire du centre », explique Yaya Tangara président de l’association des guides de Mopti et vice-président national de l’association des Guides du Mali. Souhaitant se recycler dans d’autres secteurs, ils ont donc monté des projets soumis à l’ANPE, Minusma et d’autres organisations.

                                                                                                     Hamsetou Toure

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