USA : Décès du républicain John McCain

Le pays de l’oncle Sam encore en deuil.  Après la disparition de la légende du soul Aretha Franklin, c’est au tour du sénateur républicain John McCain de tirer sa révérence après treize mois de lutte contre un cancer du cerveau ce samedi 25 Aout.

De son vivant, John McCain n’a pas toujours été une figure consensuelle. Aux primaires présidentielles de 2000, il cultiva une image de républicain centriste au fort franc parler, mais il échoua face à George W. Bush, plus en phase avec l’orthodoxie conservatrice. Au Sénat, il fut partisan farouche de la guerre d’Irak et regretta le départ des troupes américaines, sous Barack Obama. Sa défense d’une hausse permanente des dépenses militaires était critiquée à droite comme à gauche comme irresponsable budgétairement.

Le républicain avait une relation tendue avec l’actuel président des Etats-Unis, Donald Trump. En 2016 il avait dit qu’il ne voterait pas pour lui, et ne cachait pas son mépris pour le 45e président des Etats-Unis. Celui-ci a tweeté un bref message de condoléances à la famille McCain, mais sans évoquer le parcours de l’homme. « Mes condoléances et mon respect le plus sincère pour la famille du sénateur John McCain. Nos cœurs et nos prières sont avec vous !», a-t-il écrit. Selon le Washington Post, il aurait donné pour consigne de ne pas publier de communiqué officiel émanant de la Maison-Blanche.

 « C’est un patriote. Quel que soit le parti, c’est un patriote », a dit Hillary Clinton, dans une interview émue sur CNN.

John McCain était un habitué des capitales étrangères, où il se rendait régulièrement dans le cadre de délégations parlementaires. On l’a beaucoup vu à Bagdad, au Moyen-Orient ou encore à Kiev, où il avait soutenu la « Révolution orange ».

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et d’autres dirigeants étrangers ont salué sa mémoire. La chancelière allemande Angela Merkel a rendu hommage à « un défenseur infatigable d’une alliance transatlantique forte ».

Il a « toujours été un excellent interlocuteur pour la France », a dit Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, qui a souligné que McCain s’était rendu au Mali dès les premières semaines de l’opération militaire Serval en 2013 pour rencontrer les forces françaises. De l’autre côté du Pacifique, le quotidien China Daily l’a qualifié de « titan de la politique américaine » et de « conscience du parti républicain ».

D’ailleurs, les ex-présidents Barack Obama et George W. Bush, un démocrate et un républicain, devraient prononcer des éloges funèbres, à sa demande, selon le New York Times. Plusieurs médias avaient rapporté il y a plusieurs mois que le sénateur avait expressément demandé à ce que Donald Trump ne participe pas, le vice-président Mike Pence étant prévu à la place. Il devrait être enterré au cimetière de l’Académie navale d’Annapolis, sur la côte est, où il suivit sa formation militaire initiale.

Comme pour John F. Kennedy, Ronald Reagan ou Rosa Parks, son cercueil sera au préalable exposé dans la rotonde du Capitole à Washington, un honneur réservé à ceux qui ont marqué l’histoire des Etats-Unis. Selon le New York Times, il sera également présenté au capitole de l’Arizona, cet Etat désertique du sud-ouest qu’il a représenté plus de 35 ans au Congrès. Les obsèques devraient avoir lieu à la Cathédrale nationale de Washington. Il laisse derrière lui sept enfants.

                                                                                                                         Hamsetou Toure

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