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La Faim dans le monde : 821 millions de personnes touchées

La faim continue d’augmenter  dans le monde et en Afrique tuant plus de personnes que certaines maladies comme le Sida, la Tuberculose ou encore le paludisme.

Bien que le nombre de personnes souffrant de la faim ait diminué ces dernières années, une personne sur neuf se couche encore le vendre vide. Il y a dix-huit ans, l’ONU s’était donné jusqu’à 2030 pour éradiquer la faim dans le monde. Ce bel objectif est en train de s’éloigner à grands pas.821 millions de personnes souffrent à présent de la faim et plus de 150 millions d’enfants accusent des retards de croissance, selon un rapport de l’ONU publié  en marge de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la faim. Rien qu’en Afrique, ce sont 256.5 millions qui sont touchées par le fléau contre 39 millions en Amérique latine et dans les Caraïbes. Un tableau sombre compromettant l’objectif « Faim Zéro » à l’horizon 2030 conformément aux Objectifs du Développement Durable (ODD).

La faim dans le monde a progressé en 2017, pour la troisième année consécutive. C’est ce qui ressort du rapport conjoint publié par la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et quatre autres agences onusiennes en charge de ces questions. La situation s’aggrave en Amérique du Sud et dans la plupart des régions d’Afrique, tandis que la tendance vers la baisse du taux de sous-alimentation qui caractérisait le continent asiatique semble fortement ralentir

Pourquoi souffre-t-on de la faim ?

Plusieurs  facteurs clés sont liés à la hausse de la faim. Nous pouvons citer : les conflits, le climat, l’accès difficile à l’eau potable, sans oublier les inondations, la sécheresse dans les pays pauvres et bien d’autres raisons. Par exemple, au Mali, un hectare de céréales produit environ 440 kg de grains. En France, quatre tonnes, soit dix fois plus. Dans les pays pauvres, les animaux n’ont pas été remplacés par des machines pour labourer les champs et transporter les récoltes. Les agriculteurs des pays pauvres ne produisent pas assez. Les systèmes d’irrigations y sont aussi très peu développés. Sans oublier les problèmes liés aux intrants agricoles dans la plupart de ces pays. Selon les statistiques, chaque année, les pays africains perdent jusqu’à 16,5% de leur produit intérieur brut (PIB) à cause de la malnutrition infantile. La malnutrition et la sous-nutrition y sont les principales causes de la mortalité infantile. Elles représentent  près de 50% des décès d’enfants.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), aujourd’hui plus 2,5 millions de Maliens souffrent de faim. Le Mali étant classé parmi les 39 pays ayant besoin d’aide alimentaire en raison des conflits et des conditions climatiques défavorables. Bien que la sécurité alimentaire ait tendance à se stabiliser dans ce pays depuis quelques années, ces nouvelles données indiquent une dégradation de la situation depuis un moment, avec près d’un demi-million de personnes supplémentaires touchées. Les résultats de la dernière Enquête nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle au Mali (ENSAN), montrent que les principaux facteurs qui expliquent la dégradation de la sécurité alimentaire cette année par rapport à l’an dernier sont liés à des difficultés d’accès au marché. En effet, la disponibilité alimentaire nationale ne pose pas de défi cette année, puisque la campagne agricole a été très bonne, avec une très grande hausse de plus 11 % de la production céréalière par rapport à l’année dernière. Et même dans certaines régions, des facteurs climatiques comme un déficit pluviométrique et les inondations ont aussi contribué à cette dégradation, de même que la diminution de l’assistance humanitaire. Malgré la baisse enregistrée, la situation nutritionnelle de la population malienne reste préoccupante avec une prévalence de la MAG qui continue à dépasser le seuil d’alerte fixé par l’OMS à 10%. La prévalence de la malnutrition aigüe sévère (MAS), la forme qui augmente le plus les risques de mortalité, est de 2,1% ; ce qui dépasse légèrement le seuil d’urgence fixé à plus 2 %.

« L’objectif Faim Zéro »

Pour faire face à ces défis, le dernier bulletin du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a annoncé la reprise de l’acheminement de l’aide par la route vers quelques régions notamment Kidal. La situation du nord a causé un grand blocage au niveau de  la sécurité alimentaire, la santé et l’éducation. Malgré ces difficultés  le Gouvernement du Mali en collaboration avec la FAO et autres partenaires œuvrent  pour éradication de la faim au Mali et atteindre l’objectif faim zéro d’ici 2030. Aujourd’hui, de nouvelles preuves indiquent que le nombre de personnes souffrant de faim dans le monde est en hausse, Des progrès limités ont également été observés en matière de lutte contre les différentes formes de malnutrition, qui vont du retard de croissance chez l’enfant à l’obésité chez l’adulte, une situation qui menace la santé de centaines de millions de personnes.

En vue d’atteindre l’objectif « Faim Zéro » d’ici 2030, les experts onusiens plaident pour la   mise en œuvre et l’intensification  des interventions visant à garantir l’accès à des aliments nutritifs et à briser le cercle intergénérationnel de la malnutrition. Ils exhortent  les politiques à prêter attention aux groupes les plus vulnérables face aux conséquences désastreuses d’un accès limité à l’alimentation: les nourrissons, les enfants âgés de moins de cinq ans, les enfants scolarisables, les adolescentes et les femmes. Aussi, ils conseillent les Etats de s’orienter durablement vers une agriculture qui tient plus compte de la nutrition et vers des systèmes alimentaires en mesure de fournir une alimentation sûre et de bonne qualité pour tous. Ils appellent également à déployer davantage d’efforts afin de renforcer la résilience face au climat, à travers des politiques qui encourageront les initiatives visant à s’adapter au changement climatique et à en atténuer les effets,  ainsi qu’à réduire les risques de catastrophe.

Fatoumata Koita

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