Barrage de Sélingué : après 37 ans de service, les défis ?

Construit sur la rivière Sankarani, un affluent du fleuve Niger  avec une longueur  de 2200 m sur une hauteur de 23 mètres, le barrage hydro-électrique de Sélingué, qui est fonctionnel depuis 1981, reste toujours l’un des leviers de développement énergétique du Mali.

Le barrage de Sélingué est l’un des biens de l’Energie du Mali (EDM). Aujourd’hui, malgré certaines interconnexions du réseau électrique sous-régional qui renforcent la capacité de production du barrage,  les coupures d’électricité restent fréquentes au Mali.

Le Mali est le noyau de l’interconnexion des réseaux électriques de la sous-région. Pourtant,  l’Energie du Mali (EDM sa), la compagnie nationale de distribution d’électricité recoure souvent aux groupes électrogène pour pouvoir répondre aux besoins des consommateurs. Selon son chargé des relations publiques et de la communication, Malick Almouzer Diallo, la charge est lourde pour le barrage de Sélingué qui ne fait que 44 mégawatt (MW), alors que les besoins sont évalués à «  300 MW ». Le barrage de Selingué ne répond plus entièrement à la demande, mais il reste un élément essentiel dans le dispositif de production, indique-t-il.

Toutefois, M. Diallo affirme que plusieurs projets sont envisagés pour consolider la capacité de production du barrage de Selingué notamment la construction des interconnexions de la ligne Guinée-Mali ; Ghana-Burkina Faso-Mali via Sikasso. « Ces réseaux permettront au Mali de combler ses déficits et  mieux répondre aux des besoins de la population en terme d’énergie ».

Les consommateurs maliens devront patienter en attendant la concrétisation des projets annoncés et s’accommoder des délestages électriques récurrents. En effet malgré la montée du niveau du fleuve Niger  cette année les coupures de courants restent fréquentes notamment dans la capitale, Bamako.

Les coupures ne viennent pas couramment de l’EDM, elles se font souvent simultanément suite à des  incidents sur le réseau reliant le Mali a la Cote d’Ivoire, tempèrent les responsables de la structure. «Si une panne survient dans une centrale thermique en Côte d’Ivoire, le Mali sentira immédiatement l’effet », expliquent les techniciens de la société estimant  qu’environ 60 à 80 MW dans la production d’électricité du pays proviennent de la Cote d’Ivoire.

Abdoul Karim Hadji SANGARE

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