Le bras de fer : le sport qui allie technique et force

Au Mali, le bras de fer est un sport qui a su s’imposer malgré les nombreux préjugés dont les pratiquants faisaient l’objet. Ils étaient taxés de voyous, de délinquants. De nos jours, le bras de fer fait partie des sports les plus populaires au Mali.

« Le bras de fer est un sport, c’est un jeu de tirage de bras qui se fait sur une table, utilisé pour reconnaître le plus fort des deux participants. Il se pratique à deux. Les deux personnes s’assoient face à face autour d’une table et empoignent chacun le poignet de l’autre et forcent chacun vers la main non utilisée. Le gagnant est celui qui amène la main de l’autre, sans le blesser, à la table », explique Bekaye Diawara alias « salopard » Secrétaire générale de la fédération malienne de bras de fer et entraineur national adjoint.

Selon lui, le bras de fer s’est implanté au Mali depuis 1997. C’est en 2001 que cette discipline a été érigée en fédération.

 Au départ, les adeptes de ce sport étaient taxés de voyous et délinquants. Ils faisaient peur, mais aujourd’hui ce n’est plus le cas. « L’objectif du bras de fer, c’est de faire en sorte que les « gros bras » soient perçus comme des honnêtes gens. Aujourd’hui, nos champions sont des stars et sont de plus en plus sollicités », confie-t-il.

Avant d’ajouter « Il n’y a pas mal de jeunes qui gagnent leur vie dans la pratique de ce sport. Chaque dimanche, il y a des compétitions dans toutes les communes et les gagnants sont récompensés avec de fortes sommes d’argent ou des lots de terrain ».

Chaque année, la fédération malienne de bras de fer organise un championnat national à l’issu duquel, il sélectionne les différents champions dans les différentes catégories. Il existe 5 catégories en bras de fer au Mali : la catégorie des 65 kg, 75kg, 85kg, 95 kg et plus.

Le bras de fer est un sport qui est constitué de 80% de force et 20% de technique. «Pour être champion de ce sport il faut travailler la force et la technique. La force sans la technique conduit inéluctablement vers la défaite », précise l’entraineur.

Et de poursuivre « actuellement, nous avons cinq champions à savoir : Mahamadou Kourekama, le champion des 65 kg, Yacouba Barro dans la catégorie des 85 kg, Cheick Oumar Ballo dit « Danger » dans celle des 100kg, Yacouba Konté qui est champion de 95 kg et enfin Mamadou Kanté qui est aussi le champion des 75 kg ».

« Au Mali, on n’a pas donné la chance aux femmes de pratiquer ce sport. Pour autant, nous comptons les impliquer en 2019 puisque c’est le Mali qui doit abriter la coupe d’Afrique en 2019. On a vu qu’au Ghana et au Nigeria, les femmes ont participé partout dans le monde aux championnats d’Afrique et du monde. On compte aussi impliquer les femmes et les handicapés », nous rassure notre interlocuteur qui lance un appel aux autorités pour accompagner cette discipline qui devient de plus en plus une source de revenus pour de nombreux pratiquants. Et chaque année, le bras de fer rapporte au minimum 30 médailles au Mali », selon les responsables de la discipline.

Hamsetou Toure

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