23e session de l’EID : litiges domaniaux et fonciers en vedette

La 23e session de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) a eu lieu, le lundi 10 décembre 2018, dans la grande salle  Bazoumana Cissoko du Palais de la Culture Amadou Hampaté Ba. Sur 454 dossiers reçus par la Commission préparatoire, 45 ont été retenus pour lecture ; 210 pour « suite à donner » ; 199 n’ont pas été retenus pour non-conformité avec les critères de l’EID.

En effet, la cérémonie d’ouverture de cette session s’est déroulée en présence du Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maiga et les membres de son gouvernement ; du Médiateur de la République, Baba Akhib Haïdara ; les membres du jury dont la présidence était assurée par Mme Dior Fall Sow, magistrat de carrière du Sénégal, ainsi que plusieurs autres personnalités.

D’entrée de jeu, le Médiateur de la République, Pr. Baba Akhib Haïdara a évoqué le bilan de la session précédente laquelle il juge satisfaisante et d’estimer que les citoyens sont en train d’accorder l’intérêt à l’Espace d’interpellation démocratique (EID), car de 2013 à 2017 le nombre de demandes d’interpellations est dépassé de 177 au 290.

Selon lui, ce record inégal vient d’être pulvérisé avec 454 demandes enregistrées pour cette 23e session de l’EID. Pour le Médiateur, dans cette forte croissance d’intérêt de concitoyens pour l’EID, il est encourageant de relever que le taux de participation des Régions, en dehors du District de Bamako ne cesse de s’accentuer. En effet, a-t-il indiqué, sur les 454 demandes d’interpellation, 367 proviennent des Régions, soit 80,82% et 84 de Bamako soit 18,50%.

Quant à la participation féminine, elle s’accroit légèrement, passant de 5% en 2017 à 7 ; 26% en 2018, ce taux de participation est loin d’être satisfaisant et demande donc à être amélioré et aussi pour la participation des Maliens de l’Extérieur avec son taux dérisoire de 0,66%, a signalé le Médiateur de la République Haidara.

Par ailleurs, pour le Médiateur, l’analyse des dossiers de cette session a permis encore une fois de constater, la récurrence des litiges domaniaux et fonciers qui représentent 41,40%. « A ces litiges s’ajoutent ceux relatifs au fonctionnement de la justice, aux situations administratives irrégulières, aux licenciements abusifs, aux violations des droits de la personne, etc. », a-t-il énoncé.

« Bien que n’étant pas une juridiction, ce Forum offre à nos populations un cadre favorable à la dénonciation des mauvaises pratiques administratives en même temps qu’il leur permet d’apprendre à exercer, de façon citoyenne, leurs droits et libertés démocratiques dans un état de droit », a-t-il déclaré.

L’impunité et les atteintes aux libertés d’expressions dénoncées

Pour sa part, le Président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Dr. Malick Coulibaly a fait l’état de lieu de la situation des droits de l’homme au Mali. Pour lui, l’impunité au Mali résulte de la paralysie de la Justice dans les zones où l’insécurité règne en maitre. « Ailleurs, elle est le fruit de nombreux dysfonctionnements du service public de la justice », a-t-il soutenu.

Ainsi, dans sa contribution à l’EID, le Président de l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), Me Moctar Mariko a mis l’accent sur ses inquiétudes sur les problématiques dont la justice et l’impunité ; l’insécurité galopante ; les atteintes aux libertés d’expression et de manifestation et aussi l’inégalité d’accès aux médias d’Etat.

De même, le Président de la Coalition nationale-Campagne internationale pour l’eau potable et l’assainissement (CN-CIEPA/WASH), Dounantié Dao a rappelé qu’environ 6 millions de maliens n’ont toujours pas accès à l’eau potable et 1269 villages ou fractions ne connaissent toujours pas le gout de l’eau potable. Ce dernier a sollicité face à cette préoccupation le gouvernement d’allouer 5%  du budget national à l’eau et à l’assainissement d’ici 2023.

Par ailleurs, la Présidente du Jury d’honneur Mme Dior Fall Sow a reconnu que l’EID est une excellente chose qui doit être disséminée dans les autres pays africains, par ce que c’est une bonne pratique. « Je pense que ça permet de rapprocher les gouvernants des gouvernés. Cet espace est important pour la démocratie, une tribune pour le peuple qui ne peut pas se faire entendre.

En créant ce système de confiance entre les administrés et les administrateurs, en créant ce climat de paix et de sécurité, on contribue à l’instauration d’une véritable démocratie », a-t-elle dit. Suite aux passages des interpellateurs, les autorités interpellées ont donné certaines réponses et le jury a émis des recommandations afin de trouver des solutions diligentes aux litiges soulignés.

Seydou Karamoko KONE

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