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DDR sur fond de violence à Gao et Tombouctou

Le processus accéléré de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion a officiellement démarré le 6 novembre dernier dans la cité des Askia, Gao. C’est une étape cruciale dans l’application de l’accord pour la paix- signé en 2015 et dont l’application a connu un grand retard. Le processus devrait impliquer des milliers d’ex combattants de la CMA, de la plateforme et d’autres groupes armés qui renonceraient à la violence notamment au centre du pays. L’insécurité dont sont victimes certains acteurs du processus peut entraver l’aboutissement paisible du DDR.

Le processus devrait arriver à terme le 30 novembre mais tout laisse à croire qu’il s’étendra encore en raison de divergences entre groupes armés .L’opération a connu quelques jours de retard dans la région de Kidal, où la coordination des mouvements de l’azawad s’est opposée à la présence des combattants d’un groupe armé dissident avec lequel les ex rebelles Touaregs ont maille à partir.

Le DDR ajusté sous l’impulsion du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maiga s’ouvre aux déserteurs  de l’armée régulière mais également aux miliciens du centre du pays en vue de normaliser la situation globale.

Déjà quelques mille cinq cent combattants ont rendu les armés depuis le début de l’opération selon la commission nationale en charge du DDR .Le bilan disponible est : 401 armes récupérées à Kidal, 512, à Tombouctou et 521 à Gao.

Cependant si le déroulement de l’opération est globalement salué comme un pas important vers la paix, une inquiétude demeure : la sécurité du processus. Ce sentiment a trouvé une résonance quand un officier de la plateforme a été tué, en plein centre-ville à Tombouctou par des hommes armés non identifiés.

Quelques semaines plus tard, cette fois-ci, à Gao une explosion a causé la mort d’au moins trois personnes et fait une trentaine de victimes. Le drame est survenu non loin d’un camp militaire. La semaine dernière c’était au tour d’un opérateur économique local d’être abattu en plein jour. Cette violence aveugle inquiète les populations locales désespérées de voir la violence accroitre malgré la présence des forces malienne et étrangère.

Ces incidents et tant d’autres souvent isolés rappellent constamment la déviance dont font montre les groupes terroristes dans le septentrion malien. Comme un signal de leur hégémonie sur les groupes armés locaux. Par ailleurs ce qui complique la riposte des forces armées sur le terrain c’est quelques fois les collusions entre extrémistes et groupes dits armés. Le DDR s’il est suivi jusqu’au bout pourrait considérablement améliorer la situation sécuritaire en limitant la libre circulation des armes. Un pari que toutes les parties ne semblent pas prêtes à remplir dans l’immédiat faute de confiance mutuelle suffisante.

AB

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