« Le jobatokun » : Quelle signification dans la société malienne ?

La tresse est un tissu plat fait de cheveux entrelacés. Chaque tresse traditionnelle a une signification spécifique et une fonction révélatrice sur la personne porteuse de la tresse. Au Mali, les tresses traditionnelles sont destinées à transmettre des messages dans des circonstances précises. Le « jobatokun »  en langue bambara est une tresse traditionnelle qu’une nouvelle maman doit porter pour se distinguer des autres femmes.

Ladite coiffure à plusieurs significations dont la principale est de protéger la maman  et son enfant. C’est une tresse  simple  au nombre de 3. Une au milieu, une autre de chaque côté de la tête. « Elle doit se faire 3 fois si c’est  un garçon et 4 fois si c’est une fille pendant les 40 jours et tresser le mercredi ou le samedi», nous confie Boh Diarra, coiffeuse de tresses traditionnelles depuis plus de 6 ans. Elle affirme également que cette coiffure permet à la nouvelle maman d’être tranquille durant les 40 premiers jours de l’enfant et de donner tranquillement le sein à son enfant sans être incommodée par les mèches et autres modèles.

Les cultures et traditions diffèrent au Mali selon les ethnies,  que ce soit  les peuls, les Songhoï, les soninkés, les dogons les bambaras, les khassokés, chacune de ces ethnies maliennes a ses tresses traditionnelles ainsi que ses tresses destinées àla nouvelle maman. « Cependant dans plusieurs communautés maliennes, la coiffure de la mère d’un nouveau né est faite pour « éloigner les regards des personnes mal intentionnées », précise la coiffeuse.

« Aujourd’hui avec la nouvelle génération on a tendance à négliger cette tradition. Elle est de moins en moins portée », avoue Awa Doumbia, coiffeuse, qui critique le fait que les coiffures avec mèche soient valorisées au détriment des coiffures traditionnelles. « C’est jolie mais étant une nouvelle maman, il faut être simple, relax de la tête jusqu’aux pieds pour pouvoir mieux s’occuper de son enfant et de soi-même »,ajoute la coiffeuse.

Pour Sita Dembélé, mère au foyer, « cette tradition est importante, car la tresse protège la maman et l’enfant contre le mauvais œil ». Elle ajoute : «  auparavant chez les khasoké, soninké, la nouvelle maman portait un turban rouge pour montrer la distinction entre elle et les autres femmes ». Elle termine en demandant aux femmes de valoriser et de supporter la tradition.

Boh Diarra, rappelle que ces coiffures font partie de notre culture et doivent être sauvegardées ». Elle affirme également que la conservation  de ces coiffures est un défi à relever. « Elles pourraient disparaître à moins de les documenter pour les transmettre aux générations futures. Egalement  les créateurs de tresses et de coiffures modernes pourraient aussi s’en inspirer », plaide-t-elle.

Cependant pour M. Fodé Sidibé, chercheur, « la nouvelle maman doit tout simplement faire cette coiffure pour montrer qu’elle à un nouveau bébé, en même temps une coiffure qui va  montrer à son époux  qu’ils ne doivent pas se rapprocher sexuellement pendant les 40 jours”.

Fatoumata Koita, Stagiaire

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