Mali : le sort des otages locaux

Depuis près d’une décennie l’image du Mali est écorchée par des kidnappings (d’occidentaux majoritairement) perpétrés par des terroristes affiliés à Alquaeda au Maghreb islamique. Avec l’invasion terroriste sous le vernis d’une revendication indépendantiste, les acteurs ont changé, les cibles aussi. Les locaux, représentants l’autorité sont devenues des cibles privilégiées.

On ne connait pas leur nombre exact.   Au moins deux maliens sont retenus otage sur leur propre territoire : le juge de Niono ,Soungalo Koné et le CB de la gendarmerie de Guiré ,tous enlevés en 2017. Les mois qui ont suivi ces enlèvements, des collègues, amis et parents des otages ont manifesté et demandé aux autorités maliennes de les ramener « sain et sauf ».

Un an après, aucune information concernant les otages maliens n’émane des services des opérations de l’armée. « Ce sont des affaires pernicieuses », se contente une source sécuritaire joint au téléphone vendredi. A la direction de l’information publique de l’armée malienne, La Dirpa la prudence est de mise .Personne ne souhaite s’aventurer dans ce qui est considéré comme une « affaire complexe ».

L’assaut des forces malienne et française Barkhane, la semaine dernière contre une base supposée de la katiba Macina y aurait neutralisé une trentaine de djihadistes dont le chef de ce groupe terroriste, particulièrement actif dans la région centre du Mali. Hamadoun Kouffa, le chef de cette katiba a prêté allégeance au leader du djihad au sahel, Iyad Ag Ghaly. Son groupe Ansardine est une composante de la coalition djihadiste,Groupe islamique au grand Sahara. En 2017, les otages mentionnés ci haut ont été aperçus dans une vidéo, appelant notamment les autorités à appliquer la charia et intercéder en leur faveur.

Les syndicats de magistrats se sont beaucoup mobilisés en faveur de la libération de leur collègue. Chérif Koné l’un des leaders des syndicats de magistrats se réjouit d’une forte mobilisation autour de cette affaire .Les autorités sont à pied d’œuvre, mais également des collègues d’autres pays de la sous-région, rassure le magistrat qui ajoute des actions discrètes qui sont menées depuis cet enlèvement. Actuellement « personne ne peut dire avec précision où se trouve le juge Koné ou si sa vie est en danger ou non », selon Chérif Koné qui garde espoir de revoir son collègue libre très prochainement. Aussi il demande la mobilisation de tous pour une bonne issue de l’affaire.

Les prises d’otages au Mali relèvent du « secret défense », difficile donc de savoir la nature des libérations qui s’opèrent quelques fois. La rançon et les échanges de prisonniers semblent être les modes opératoires selon des sources qui s’appuient sur des cas de libération antérieure ,formellement démentis par les autorités militaires.

AB

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