Miss Ortm 2018 : Un syndicat saboté en sabordage ?

La chaîne nationale du Mali, trop longtemps indexée comme une chaîne aseptisée, réfractaire à toute opinion en délicatesse avec le pouvoir en place, a prouvé à la face du monde qu’elle sait être une antenne de revendication politique et surtout syndicale.

Quelle stupeur ! Le lever de rideau de la grande finale de la fameuse élection «  Miss ORTM » a donné lieu à un spectacle ahurissant, burlesque et presqu’inopportun. Le responsable du syndicat de l’ORTM, invité pour lancer cette belle fête de la beauté malienne, a brillé par son manque de hauteur et de charisme en invectivant à tour de rôle, le Ministère de l’Economie Numérique, le Gouvernement, le Directeur de l’ORTM, tous accusés d’avoir « sabotés l’évènement et de vouloir saboter le syndicat de l’ORTM ».

Profitant des conditions inhérentes au direct en télévision, le responsable du syndicat n’a pas hésité à présenter le syndicat de l’ORTM comme une victime de l’administration. Dans un langage outrancier, qui sans doute est vulgairement confondu avec celui du vrai syndicaliste, Monsieur Touré accuse le Gouvernement et surtout sa tutelle d’avoir brillé, volontairement semble-t-il, par son absence.

Dans le fond, aucun élément matériel ne nous permet de confirmer ces accusations qui semblent être le pot aux roses d’un long bras de fer entre le syndicat de l’ORTM et les autorités maliennes. Cependant, notons l’étrangeté de l’accusation quand l’intéressé indique que le Ministre de l’Economie Numérique et de la Communication s’est fait représenter dans la salle, de même pour le Directeur de l’ORTM.

Sur la forme, il est risible de voir le syndicat de l’ORTM mettre à profit un espace offert par la direction de l’ORTM pour se donner à un jeu de règlement de comptes. Il est presqu’un devoir de s’interroger sur la compréhension du respect que nous devons à nos premiers responsables. Quiconque devrait-ilpenser que son invitation à une cérémonie est un point indélébile de l’agenda d’un ministre?

Miss ORTM, bien qu’étant un évènement à dimension nationale, pêche depuis quelques années par sa capacité à s’aligner sur les standards sous régionaux d’un tel évènement. De plus, la gestion financière qui entoure cette organisation fait souvent les choux gras de la presse, qui n’a pas manqué de souligner l’incongruité du caractère mercantile de l’évènement qui semble incompatible d’avec le but non lucratif d’un syndicat.

Il est arrivé de voir prospérer dans les médias et sur les réseaux sociaux des accusations des lauréates vis à vis du syndicat pour des questions liées aux récompenses promises qu’elles peinent à recevoir. C’est dire qu’un manque de professionnalisme criard accompagne cette cérémonie qui est censée être une vitrine du Mali à l’international.

Manque de peau pour nous, la France organisait, avec une semaine d’intervalle avec le Mali, sa compétition nationale « Miss France ». Hormis la curieuse ressemblance entre le logo des deux concepts (France-Mali), il se dégage une différence qui a de quoi froisser la fierté du plus fier des maliens. Sans en faire une référence, au regard de la différence de budget, il importe d’inscrire la réflexion sur la nécessité de faire de ce concours, une jauge de la qualité des agences spécialisées dans le domaine de l’évènementiel au Mali. Il importe également de donner de la consistance légale à ce concept en permettant au syndicat de l’ORTM de continuer à organiser sa « récréation associative » et permettre à des professionnels de doter le Mali d’un véritable concours.

Il est temps pour l’Ortm de recentrer la mission de son syndicat et de le sortir de cette entreprise économique, capitaliste qui ne profite sans doute pas à tous les employés de l’ORTM affilié au syndicat. Il est temps…

Y. KEBE

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*