Region de Kayes : la gomme arabique, une alternative à l’émigration?

Parmi les six regions gommifères du Mali, c’est dans la region de Kayes que la filière est plus developpée. Alors que sur le continent africain, le pays est loin derrière le Soudan, le Nigeria et le Tchad. Au plan mondial, le marché de la gomme arabique est monopolisé par la France, leader mondial des importations et exportations.

La gomme arabique est une résine végétale qui provient de l’acacia, elle est très demandée par le secteur agro-alimentaire – on en trouve dans tous les sodas – et l’industrie pharmaceutique. La gomme arabique n’est produite que dans une région au monde: la bande sahélienne. Selonun récent rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) qui s’est penché sur la filière-le commerce de la gomme arabique croit de 7% par an.Seuls 60% de la demande mondiale est satisfaite.

Le Mali qui a produit 16 000 tonnes de résine en 2016 entend tirer profit de ce marché. Et dans la region de Kayes, qui concentre l’essentiel de la production nationale (12 000 tonnes en 2016), la filière est brandie comme une alternative à l’émigration. La region est la plus mobile du pays. Selon les statistiques, une famille sur trois  compte un member qui a tenté l’ ‘’aventure’’ souvent par la voie irregulière au peril de leurs vies.

Les autorités centrales et les acteurs locaux de la filièr   tentent de retenir les jeunes sur place en les sensibilisant sur les opportunités d’emplois notamment le marché de la gomme arabique. Aboubakar Makanguile s’inscrit dans cette dynamique. Il est l’initiateur de Deguessi vert, une plantation d’acacias de plus  1 000  hectares, dans le cercle de Nara, à la frontière avec la Mauritanie. Grace à cette plantation, il  parvient à employer   une centaine de personnes dont certains à temps plein et d’autres saisonniers avec une bonne reminération.

Aujourd’hui, le producteur vante les pontentialités de la filière pour detourner les jeunes de la region, tentés par l’émigration. Dans son arsenal dissuasif, Aboubacar aime rappeler le récit de migrants en transit qui sont restés six ans dans sa plantation. Ils se sont enrichis au point de renoncer à partir ailleurs, s’enthousiasme-t-il.

Oumar Balla Sissoko, président de l’Union locale des coopératives de producteurs de gomme arabique de Kayes, est sur le même front. Pour cet acteur qui plaide pour la labelisation de la gomme provenant du Mali sur le marché international, la gomme arabique est  une alternative viable à l’émigration. La gomme arabique permettrait de reduire de moitie  l’immigration dans la region de Kayes si des efforts sont déployés, selon Oumar Balla Sissoko.

Ils sont nombreux les acteurs de cette filière aux potentialités enormes à multiplier les rencontres avec les diasporas kayesiennes en vue de booster le secteur et contenir le flux migratoire. A travers le cadre integré renforcé, l’organe de coordination de la politique de valorisation de la gomme arabique, initié par le ministère du commerce et de la concurrence, 4 milliards de francs CFA ont été mobilisés en 2015 pour soutenir le secteur.

Le programme vise à renforcement les capacités des acteurs de la filière, mieux les organiser et prevoie la plantation 10 000 hectares d’acacias pour repositionner le Mali sur le marché mondial. Malgré les efforts du Département à traves notamment le cadre intégré renforcé, la filière peine encore à combler les attentes en terme productions et d’exportations.L’accès au financement reste difficile et la mutiplicité des médiateurs dans le circuit commercial impactent sur les revenus des producteurs.A cela s’ajoute la faible qualification des acteurs du secteur et le manqué d’industrialisation permettant de créér plus de valeur ajoutée.

Le Mali tente depuis quelques années d’attirer des investisseurs à s’interesser à la filière. En marge du forum ‘’invest in Mali’’, organisé à Bamako en janvier 2018,  l’agence pour la promotion des industries a mis en avant les opportunités dans la filière gomme arabique car il dispose d’importants peuplements d’Acacia. Mais, pour se développer, la filière a besoin de plus d’investissements privés notamment dans des pépinières, plantations et unités de transformation », souligne l’API-Mali.

AB

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