Coton Malien : le défi de l’industrialisation pour un essor du secteur

Le Mali a repris sa place de leader  africain de la production cotonnière ces deux dernières années, avec des productions record de centaines de milliers de tonnes. Mais la dépendance pluviométrique et la faible industrialisation du secteur vulnérabilise le premier produit pourvoyeur de devises du pays.  

Avec une production estimée à 728 000 tonnes de coton, au titre de la campagne 2017-2018, la compagnie malienne  pour le développement du textile (CMDT), a réalisé un record historique. Une performance qui propulse le  pays au prestigieux rang de premier producteur africain du coton en 2018. Dans ses prévisions, la structure publique table sur 800 000 tonnes de cotons à l’horizon 2018, une vision fortement soutenue par les pouvoirs publics en multipliant les subventions notamment dans l’acquisition d’intrants et l’achat de  machines agricoles  en zone CMDT. Rien que pour la dernière campagne agricole, plus de 300 millions de dollars ont été injectés dans l’achat de coton graine selon des responsables de la CMDT.

En termes de renforcement des capacités industrielles, la compagnie a réhabilité des unités existantes et prévoit la construction de nouvelles, Kadiolo et Kimparana, très prochainement afin d’accroitre la capacité d’égrainage et de libérer ainsi le potentiel de production du Mali. L’objectif étant bien entendu de créer plus de valeur ajoutée à travers la transformation locale.

Le coton est aujourd’hui le premier pourvoyeur de devises du pays, une position stratégique arrachée à l’Or. Si l’impact est perceptible dans les zones de productions où les flux migratoires sont les moins importantes au plan national, le cadre de vie des producteurs est en nette amélioration. Toutefois, le manque d’industrie appropriée pour une transformation locale à grande échelle handicape le développement du Mali, et particulièrement les zones de productions qui exportent presque sans chaine de valeur.

Moins de 5% de la production nationale est localement transformée. Alors que selon des études, si seulement pareil pourcentage était transformé au niveau local, cela engendrerait des milliards de revenus, des milliers d’emplois et constituerait une véritable chaine de valeur autour de l’or blanc. Pour que l’or brille pour l’Afrique et le Mali en particulier il faut des investissements intenses en faveur de l’industrialisation du coton mais également pour sa mécanisation : une condition sine qua non pour peser  sur la balance commerciale internationale.

AB

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