Mali : Au nom de l’amour

Nul n’y échappe. Le 14 février s’inscrit durablement dans le calendrier des amoureux au Mali. La journaliste vedette du Journal télévisé de l’ORTM, Hawoye TOURE, nous expliquait à la fin de son édition du 14 février que l’amour c’était aussi l’amitié à célébrer. Il faut croire que son message à parsemer toute la semaine au Mali, tant « les amours » se sont exprimées de différentes formes. Nous les décryptons.

L’amour du Mali

Au nom de l’Amour du Mali, l’EPM, avec à sa tête Dr Bocary TRETA et le FSD du Chef de file de l’opposition Soumaila CISSE, se sont rencontrés pour sortir le Mali de l’ornière. Au-delà des calculs politiques (il y en a toujours), cette rencontre marque un pas en avant dans la résolution de la crise post-électorale brandie par les uns et non reconnue par les autres. Que faut-il en attendre ? Au mieux un rétablissement du dialogue politique. Au pire, deux scénarios se présentent à nous. Le premier, qui est un paradoxe que nous concédons, serait le rétablissement du fameux « consensus politique malien » avec une entrée au Gouvernement de l’opposition. Ce consensus qui a fait la gloire et la déchéance du Président ATT, ne peut être une solution miracle pour le Mali d’aujourd’hui. Notre pays a besoin d’une opposition qui s’assume dans un jeu politique ouvert garantissant la démocratie. Le second scénario catastrophe, serait une creuse discussion de 4 heures de temps, pour au final repartir sur les mêmes bases.

Que deux chefs de partis politiques ou de regroupements se rencontrent, est en soi une bonne chose. Mais cette rencontre, qui n’est pas avec les décideurs (le Premier ministre ou le Président de la République) n’a aucune valeur politique, sauf celle de mettre en avant les deux protagonistes devenus apôtres du dialogue. Dans le cadre des réformes constitutionnelles à venir, la multiplication des échanges entre politiques (d’abord les consultations du comité des experts et les régulières réunions du Cadre de concertation) sont de bons augures pour la décrispation complète de l’échiquier politique et même social de notre pays. Si nous parvenons à sortir de ce calendrier référendaire et électoral, l’amour aura triomphé.

L’amour fraternel

Au nom de l’Amour fraternel, notre pays connaît une mobilisation extraordinaire de maliens de tous bords pour venir en aide aux déplacés du Centre du pays qui se retrouvent à vivre dans les décharges de Faladiè et de Niamana. Suite à un photoreportage d’un groupe de presse, les internautes maliens découvrent avec stupeur que à Bamako, des compatriotes perdent toute dignité du fait de la crise du centre. Venus des régions de Mopti, pour la plupart, des centaines de personnes ont trouvé refuge au milieu des tas d’ordures de la décharge de Faladiè qui jouxte le marché aux bétails et Toguna S.A ou encore le « garbal» de Niamana.

Des femmes et des enfants, qui ont tout perdu, y compris des membres de leurs familles, n’ont pas eu de soutien de l’Etat pour s’abriter décemment. Cette situation a ému la toile malienne qui se mobilise depuis une semaine, au nom de l’amour pour l’autre, pour apporter compassion et vivres. Le Collectif « Batrou Inna Gottoh » (même père, même mère en langue peul) se mobilise et entend fédérer les efforts des uns et des autres pour structurer l’aide. Au-delà, ce collectif, qui réunit plusieurs associations et des personnes de bonne volonté, compte faire un lourd plaidoyer auprès des autorités pour sortir ces populations démunis de cette indigne situation.

L’amour des enfants maliens

C’est sans doute le contexte qui justifierait le mieux la présence au Mali, depuis ce vendredi 15 février, de l’ancien Président Français, François Hollande. Après une visite privée en Mauritanie, le Président de la dernière mandature française a foulée le sol de Bamako pour, en premier lieu visiter le bloc opératoire cardio-vasculaire de l’Hôpital « Mère-Enfant, Le Luxemboug ». Rappelons que ce bloc a été financé par le concours de l’ONG « La Chaîne de l’Espoir » présidée par le Pr DELOCHE.

Au-delà de cette visite, en compagnie du Ministre en charge de la santé, l’ancien président socialiste, a été reçu par le Chef de l’Etat, le président Ibrahim Boubacar KEITA, pour ressasser, peut-être, les années de gestion commune de la crise malienne. Hollande ne cache pas son amour pour le Mali depuis sa visite historique à Tombouctou en Janvier 2013, après la libération de cette ville des mains des terroristes. Ses amitiés avec le Chef de l’Etat ainsi que son attache personnel à notre pays suffisent-elles à justifier ce périple sahélien quand on sait que François Hollande jauge sa côte de popularité en France par ses sorties médiatiques à l’occasion de la dédicace de son dernier ouvrage « Les leçons du pouvoir« .  Le Mali peut-il, par amour réciproque, insuffler l’envie de revenir dans le jeu politique français à François Hollande ? Wait and see.

www.bamakonews.net

Avec Y. KEBE

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