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Réouverture des écoles : quels scénarios possibles ?

Depuis la crise de 2012, des centaines d’écoles ont fermé leurs portes, particulièrement au Nord et dans le Centre du Mali, où -opèrent des groupes extrémistes hostiles à l‘école occidentale. Des écoles y ont plusieurs fois été l’objet de représailles, accompagnées souvent de menaces de mort ou d’enlèvement du personnel enseignant.

La menace s’étend désormais, au sud du pays, notamment dans la région du Sahel Occidental, qui connait également depuis quelques mois des fermetures d’écoles. Pour ne rien arranger à cette situation, les grèves des enseignants se succèdent depuis la rentrée, sans perspectives réelles de sortie de crise. Quelles approches pour rouvrir ces écoles. Le Flambeau a donné la parole  à ses lecteurs.

Yaya Guindo, enseignant à Mopti

La menace des terroristes est tellement ancrée dans les têtes qu’il est impossible de penser à l’école actuellement. Les populations vivent presqu’avec la « mort ». Comment envisager un scénario lorsque l’on sait que dans les rares zones où l’école existe, les enseignants dispensent les cours avec leurs armes en classe? La possibilité de réouverture n’existe pour l’heure que dans des rêves lointains. Les ensembles formant une école sont tous partis en lambeau : des structures saccagées, des enseignants introuvables, des villages disparus… La crise est reine. Personne ne semble entreprendre sa fin. L’on ignore même les protagonistes, mais tout le monde est menacé. La peur semble résider même dans le vent qui souffle.

Daouda Kinda, parent d’élève

J’ai bien peur que la crise qui secoue l’éducation malienne ne puisse se résoudre d’aussi tôt. Les demandes s’affirment avec acuité et la marge de manœuvre du gouvernement est réduite comme une peau de chagrin. Les doléances d’augmentation des indices de salaires et autres indemnités tombent à un moment où les finances publiques font face à une crise sans précédent. En outre, il y a fort à parier que les revendications des syndicats aient une sous-jacente plus ou moins directe avec des milieux politiques de l’opposition. S’ajoute à cela la crise institutionnelle aiguë avec une Etat affaibli à un degré inquiétant, nous sommes bien partis pour un bras de fer de longue haleine.

Ousmane Ballo, promoteur d’école 

La réouverture des écoles au nord et au centre du pays est conditionnée au retour de nos forces de défense et de sécurité. Même les syndicats de l’éducation exigent cela. Cela doit se faire par étape et accompagner par des offres de vivres là où il y a défaillance de repas scolaires. Tout en prenant des programmes et mesures sécuritaires secrètes pour cela. Avec l’affrontement entre les groupes armés,  c’était très difficile mais les groupes ne s’affrontent plus. Il reste les menaces terroristes. Cette lutte est un combat de longue haleine. Cette réouverture va au ralenti. Que celle-ci s’accélère un peu du côté de l’État  et que les populations s’impliquent davantage en aidant les autorités.

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