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Au Mali , Soumeylou Boubèye Maiga a perdu une bataille, pas la guerre

Le Premier ministre malien, Soumeylou Boubèye Maiga, a finalement rendu sa démission, le jeudi 18 avril, quelques heures avant le vote d’une motion de censure intentée contre son gouvernement par plusieurs députés. Cette reddition ne signe pas la mort politique du Premier ministre.

Il n’aura pas attendu le ‘’suicide politique’’. Le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maiga a rendu le tablier, tard jeudi soir. C’est l’épilogue de plusieurs semaines de contestation qui s’est progressivement mue en cabale contre le cinquième Premier ministre du président Kéita. Celui qu’on désigne par ses initiales « SBM », a ainsi échappé de justesse à une motion de censure inédite dans l’histoire politique contemporaine du Mali. La motion de censure, a été pour la première fois conjointement introduite par les députés de l’opposition et ceux de la majorité. C’est dire que le PM a eu moins de marge de manœuvre, lui, qui est pourtant réputé fin stratège, et un « animal » politique redoutable, au sens aristotélicien du terme.

En plus de la bataille politique rondement menée par ses alliés du RPM, porteurs du projet de défiance, la dénonciation de l’action du chef de gouvernement malien, était devenue un « fonds de commerce prisé par une aristocratie musulmane », observe un chroniquer malien, estimant que les critiques virulentes, venues des religieux, ont forcé le président « IBK » à évincer son Premier ministre.

Comment donc le président en est-il arrivé à se défaire de son punching ball ? Quel a été le deal entre les deux hommes ? Quel avenir politique pour le « Tigre » ? Les prochains jours nous édifierons davantage sur la nature de l’arrangement entre Ibrahim Boubacar Kéita et l’artisan de sa réélection, en lequel, le président a placé sa confiance jusqu’au bout de la grogne politico-sociale. Pour ce qui est de l’avenir du désormais ex Premier ministre, ses proches sont plutôt confiants pour un rebondissement. Baba Dakono, analyste politique et chercheur à l’Institut d’Etudes de Sécurité en Afrique rappelle quant à lui que la Primature n’est pas la destination finale de Soumeylou Boubèye Maiga.

Le jeune chercheur  soupçonne  l’ancien Premier ministre d’avoir  d’autres ambitions politiques. La succession d’ « IBK » en 2023 ? L’idée fait son chemin, mais il faut du temps pour forger le « mythe » Boubèye. A court terme, son parti l’ASMA CFP pourrait jouer un rôle important lors des législatives à venir. L’idée d’une recomposition du paysage politique germe également, autant d’hypothèses  pour rappeler que  Soumeylou Boubèye Maiga  a perdu une bataille, mais pas la guerre.

Aly Bocoum

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