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Greve des enseignants : le dernier virage, avant l’année blanche ?

Alors que les négociations entre enseignants et le gouvernement sont dans l’impasse, les syndicats signataires du 16 octobre 2016, prévoient une nouvelle grève de 23 jours à compter de ce lundi, 15 avril.

Jeudi 11 avril, des milliers d’enseignants grévistes ont manifesté dans plusieurs villes maliennes pour déplorer les blocages des négociations avec le gouvernement sur les trois points clefs de leurs revendications. Toutes les médiations engagées jusque-là n’ont  permis de parvenir à un accord. Impuissants,  les parents d’élèves semblent  résignés après les manifestations dispersées courant mars.

La prime de logement, l’accès des fonctionnaires des collectivités aux services centraux de l’Etat et la majoration des indemnités liées aux examens et concours constituent les points d’achoppements des négociations. Cette situation paralyse presque tout l’enseignement fondamental public qui connait des interruptions depuis plus de deux mois.

L’interpellation des ministres en charge de l’affaire à l’Assemblée nationale, en début de mois n’a pas changé la donne. La stratégie du gouvernement est identique. Les revendications des enseignants ne sont pas soutenablement du point de vue financier. Mieux, le gouvernement dit craindre l’effet de contagion des faveurs que réclame le monde enseignant. Une position jugée méprisante par les grévistes qui dénoncent l’indifférence des autorités à ce qu’ils désignent comme étant ‘’l’école des pauvres’’

Les perspectives de solution de cette crise s’éloignent un plus chaque jour. Et l’année blanche s’annonce inévitable eu égard au traitement accordé à ce dossier particulièrement sensible.

Les appels se multiplient pour une implication personnelle du chef de l’Etat. Ibrahim Boubacar Kéïta en recevant les notabilités coutumières et religieuses de la capitale, le 7 avril dernier a exhorté les enseignants à la raison et à reprendre le chemin de l’école. «Encore une fois que la raison prenne le pas ; que chacun sache raison garder et que nos enfants retrouvent le chemin de l’école », a déclaré IBK.

 Sur ce front stratégique le chef de l’Etat semble avoir trébuché comme sur l’essentiel des manifestations de la crise complexe. «L’école, souci partagé par nous, qui ne le serait pas aujourd’hui ; qui a souci de l’avenir de ce pays, de sa jeunesse et qui voit de manière absolument préoccupante, la prolongation hors normes de cette grève des enseignants et qui met en péril l’année scolaire et qui survient dans un contexte très lourd pour le pays et qui devrait amener chacun à s’interroger aujourd’hui sur les urgences », lance le président qui ajoute qu’exiger du gouvernement ici et maintenant, « me semble vraiment assez difficile à comprendre de la part d’enseignants dont la vocation est précisément d’apprendre ; et la pédagogique… », Poursuit-il avant d’ironiser : « quel modèle ils donnent, quel exemple ils donnent aux jeunes maliens ? Dès lors quelle est la vocation ? Quel est le caractère sacerdotal de la mission d’enseigner ? Je me pose des questions, je m’interroge ».

Des questions auxquelles, seuls les enseignants pourront apporter des réponses à condition que les portes du palais leurs soient ouvertes avec une réelle volonté dépasser cette crise qui n’a que trop duré.

Il se murmure dans les couloirs de la primature l’imminence d’un moratoire pour suspendre les grèves, et permettre ainsi de sauver l’année à défaut de s’atteler pour de bon à sauver le corps malade qu’est devenue l’école malienne. La détermination des syndicats est telle qu’aujourd’hui, une telle mesure risque de pousser à la radicalisation.

AB

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