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Mali : la décrispation politique en perte de vitesse ?

La semaine dernière, le président malien Ibrahim Boubacar Kéita a relancé les rencontres devant baliser le dialogue social pour une sortie de crise. Ses interlocuteurs campent sur un dialogue inclusif avant toute réforme.

La décrispation sociopolitique souhaitée par le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita peine encore à atteindre sa vitesse de croisière. Après avoir rencontré la classe politique en mars, en ce début avril c’est au tour des notabilités de Bamako et les leaders religieux d’être reçus au palais présidentiel. Une rencontre précipitée, à l’allure d’une mise en scène pour estomper la grogne sociale qui s’est emparée de la majorité des couches sociales au Mali : tel est l’avis de nombreux spécialistes. La même semaine ces rencontres marathon ont été pour la énième fois élargies à la classe politique dont certains acteurs de l’opposition ont décidé de boudé, parce que pour ces derniers, le dialogue politique que clame les autorités ressemble plus à un jeu de ruse et de malice pour gagner du temps, que pour affronter la réalité, qui exige selon l’opposition proche de Soumaila Cissé des mesures fermes et immédiates pour contenir les périls menaçant le pays.

La démarche du président de la République, à savoir le début de concrétisation de sa « main tendue » avait suscité beaucoup d’espoir au sein de l’opinion nationale et internationale. De nombreux acteurs y avaient vu le signe manifeste d’une volonté politique pour faire face à la crise multiforme qui sévit au Mali. Mais plus d’un mois après le coup de fil à son cadet Soumaila Cissé, le président de la République ne propose rien de concret allant dans le sens du dialogue inclusif qu’espèrent les maliens. Au lieu d’une telle approche, Koulouba se soucie plutôt de la réforme constitutionnelle, que des observateurs de la scène politique locale scrutent comme une injonction de la communauté internationale plutôt qu’une attente du peuple, dont l’adhésion ne semble, à ce stade des incertitudes pas acquise.

L’autre écueil du dialogue  social et politique c’est la personnalité du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maiga qui cristallise la colère des religieux, de la classe politique (opposition comme majorité) et la société civile dénonçant l’immobilisme du gouvernement face à la situation sécuritaire. Le chef du gouvernement   avait en premier enclenché le processus. Face à son échec de fédérer  l’ensemble de la classe politique. IBK avait repris la main avec quasiment le même rendement si l’on tient compte de la gravité de la situation aujourd’hui et le besoin plus qu’urgent d’un large consensus pour relever les nombreux défis qui se posent au pays.

Les séries de rencontres initiées par le chef de l’Etat doivent aller au-delà de l’évènementiel politique  pour entamer le dialogue « refondateur » qu’appellent de leurs vœux les maliens de tous bords. Plus la cadence s’accélère, plus les obstacles seront réduits. Mais aucune  manœuvre de nature à gagner du temps ou à multiplier les dissensions ne saurait calmer la colère du peuple. L’heure est à la sagesse, au rassemblement.  Nulle autre attitude ne saurait apporter le salut tant attendu.

AB

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