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Mali : L’étau se resserre sur le Premier ministre

La session parlementaire d’avril présage de chamboulements politiques importants. Scène particulièrement rare au Mali, la majorité à l’Assemblée pourrait bien engager une motion de censure contre un Premier ministre issu de ses rangs.

L’étau se serre un plus chaque jour  sur Soumeylou Boubèye Maiga, le chef du gouvernement malien contesté par une large majorité de la société civile et d’acteurs politiques, de la majorité comme de l’opposition. Si cet animal politique avait été présenté comme l’homme de la situation à ses débuts à la Primature, la situation semble désormais dépasser le Tigre de Badalabougou.

Les maliens attendaient beaucoup du Premier ministre sur le plan sécuritaire. Son profil de ‘’sécurocrate’’ aurait énormément contribué à sa nomination. Mais c’est justement sur ce chapitre qu’on assiste à un retour d’ascenseur. Les solutions militaires annoncées en grande pompe, n’ont su endiguer la menace terroriste, sinon la circonscrire dans le septentrion. Le centre du pays connu pour être une base arrière de groupes extrémistes, a dangereusement basculé dans une spirale de la violence, avec le lourd tribut civil et militaire que l’on sait.

Le redéploiement de l’armée dans la région donne l’impression d’avoir exacerbé des situations de conflits entre des groupes locaux que de repousser la poussée djihadiste. Exception faite de quelques manœuvres avec d’autres forces alliées qui ont par moment visé des positions présentées comme terroristes. Dans le pire des cas, la force est dirigée contre des paisibles citoyens, doublement pris au piège de cette non guerre qui ravage le centre.

C’est incontestable, et à l’actif du Premier ministre, la sécurisation du scrutin présidentiel au nord et centre est un point positif qu’il faut capitaliser pour les rendez-vous électoraux de 2019. Là également le calcul politique semble avoir  prévalu sur la responsabilité de l’Etat de garantir la liberté et la sécurité de tous les citoyens, qu’elles que soient leurs intentions de vote.

Les dossiers urgents sur lesquels, le chef du gouvernement était attendu, ont parfois été déplacés, sans être solutionnés. Il s’agit de la mise en œuvre de l’accord pour la paix, où il y a eu beaucoup d’agitation pour peu de progrès comme l’a rappelé avec fermeté le conseil de sécurité des Nations unies fin mars. L’autre chantier, ce sont les revendications salariales dont l’amateurisme et le manque de vision dans la résolution de certaines d’entre elles, obligent aujourd’hui le gouvernement à compromettre des services essentiels comme l’éducation, la santé, le transport…

Le chantier qui concentre toutes les colères est celui de la sécurité. Elus de la majorité, de l’opposition, la société civile tous dénoncent un échec dans ce secteur primordial que le gouvernement aurait sous-traité avec des milices, auxquelles il charge également de mener sa guerre contre les terroristes, au péril de la coexistence pacifique entre les groupes sociaux professionnels notamment au centre.

Pour toutes ces raisons, et d’autres purement politiques, une parité du peuple, la classe politique malienne veulent se débarrasser d’un Premier ministre qu’ils accusent de n’être pas rassembleur en dépit des épreuves que traverse le pays.

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