Côte d’Ivoire : Blé Goudé prêt à dialoguer avec le régime Ouattara

L’ex sulfureux chef des Jeunes Patriotes, accusé de crimes contre l’humanité puis acquitté en première instance par la CPI, Charles Blé Goudé, assure ne pas vouloir être candidat à la présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire, et espère un retour de Laurent Gbagbo, dans un entretien exclusif à l’AFP. “Je ne suis candidat à rien en 2020 (la présidentielle ivoirienne de 2020). C’est un devoir de ramener la paix en Côte d’Ivoire. Voilà la campagne que je veux engager” assure Blé Goudé, sanglé dans une chemise pagne bleu ciel et coiffé d’un chapeau de cow-boy.

Il a le droit de s’exprimer publiquement, mais il a interdiction d‘évoquer son dossier en cours. Il ne porte pas de bracelet électronique et a le droit de recevoir des visiteurs. Il est surveillé et protégé par deux policiers en civil, très discrets dans un hôtel de la Haye. “La prison a été un professeur pour moi et je veux partager cette expérience pour dire qu’il faut prévenir les conflits. Je veux jouer ce rôle dans mon pays”, assure Charles Blé Goudé, 47 ans.

Durant ses cinq ans de prison à la Haye, il assure avoir reçu en cadeau un demi-million de livres et 200 DVD, et avoir fréquemment joué au football avec l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, acquitté après 10 ans de détention. Il aussi amélioré ses talents culinaires, en préparant souvent la sauce graine au riz, un plat très prisé en Côte d’Ivoire. “Je veux rentrer (en Côte d’Ivoire) pour participer à la paix et à la reconstruction de mon pays. A la réconciliation”, affirme-t-il.

Surnommé le “général des rues” pour sa capacité à mobiliser les partisans de l’ex-président ivoirien, Charles Blé Goudé est un des membres les plus controversés du clan Gbagbo. Blé Goudé se dit prêt au dialogue avec le régime qui l’a envoyé en prison. “Je me veux un homme d’Etat (…). Je suis prêt à parler avec tout le monde, et je demande à mes partisans de le comprendre ainsi.

Et au-delà de mes partisans, je demande aux Ivoiriens de le comprendre”, affirme-t-il. Démagogie ? “Comment peut-on tenir un discours démagogique, quand on a fait deux ans d’exil, 14 mois d’enfermement dans une cellule à la DST (en Côte d’Ivoire) seul, sans visite pour finalement atterrir à la CPI pendant cinq ans.  Quand on sort de ces épreuves, on ne peut pas tenir un discours démagogique”, jure-t-il. Même s’il assure n‘être candidat à rien, il avoue préparer le congrès prévu pour août en Côte d’Ivoire en vue de transformer son mouvement, le Cojep en parti politique, capable de participer aux futurs scrutins, hormis la présidentielle de 2020.

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