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Crise énergétique : L’enfer du délestage à Bamako

Le délestage (coupure programmée d’électricité d’un secteur donné) fait rage à nouveau au Mali, principalement dans les grandes agglomérations urbaines comme Bamako. Les Maliens ne croyaient pourtant  plus au retour d’un tel enfer, surtout avec la bonne pluviométrie de l’année dernière, les assurances données récemment par le nouveau DG de l’EDM-SA. Erreur.

Le cauchemar qui refait surface, sous une canicule insupportable, peine à quitter le quotidien des Maliens lors de l’hivernage. Le délestage est revenu de plus bel à Bamako et partout d’ailleurs dans le pays. Quelle souffrance pour tous ceux qui se servent du courant électrique.

A Bamako, le mécontentement se généralise au fil des jours. Les coupures intempestives du jus électrique assaillent les installations des uns et des autres, à un rythme si incontrôlé, qu’elles désorganisent entièrement  toutes les activités.

Dans les bars, restaurants, services, divers ateliers et locaux administratifs, tout le monde se plaint.

« Ce qui se passe est  dramatique. L’EDM nous  fait  subir les pires moments de notre vie depuis quelques jours » martèle Ouatt,  gérant d’une buvette  à Quinzambougou.

Aussi, soutient-il, il ne sert désormais à ses clients que des boissons très peu fraîches. Il a dû s’acheter un groupe électrogène en début de semaine pour soulager ses peines. Mais il garde, la dent dure contre l’EDM, car la dernière facture qu’il vient de payer lui a paru plus élevée que toutes les autres.

« Quel paradoxe. Nous n’avons plus le courant à plein temps, mais nous continuons de payer des factures en hausse permanente » se plaint-il avec désarroi.

Un directeur général d’une imprimerie de la place  a les mêmes ennuis.

« Le délestage me crée d’énormes difficultés en ces temps-ci. Les différents clients  qui se bousculaient  jadis à mes portes se font rares aujourd’hui. La commande  n’est plus prête en temps voulu ».

Comme solution immédiate, il se propose d’acquérir très rapidement un groupe électrogène de forte capacité pour faire tourner les grosses machines de son imprimerie. Toutefois, il déclare n’avoir pas les moyens pour le moment. « J’ai besoin d’au moins 10 millions FCFA pour payer  ce groupe », se soucie-t-il sans cesse.

Dans les ménages, les visages sont également hargneux. Si dans la journée, la lumière naturelle fait son travail, la nuit apporte son lot de désagréments. Bougies par-ci, lampes et torches chinoises par-là, panneaux solaires et groupes électrogènes se substituent au réseau de l’EDM pour  illuminer les bâtiments. Les grincements de dents qui accompagnent ces solutions alternatives témoignent de l’indignation grandissante que suscite ce nouveau délestage dans le pays.

www.bamakonews.net

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