Fête du Ramadan : Le casse-tête des tailleurs !

Depuis quelques jours, la frénésie des préparatifs de la fête de Ramadan se fait sentir partout dans la ville de Bamako. A cette occasion, chacun cherche des habits neufs pour bien paraître. Ainsi, les ateliers sont pris d’assaut par les clients, sans compter les faux rendez-vous de certains tailleurs qui amènent d’autres à voir du côté des « prêt-à-porter » ou de la friperie, servis surplace. La fête de Ramadan est une opportunité de rendre visite aux siens afin de se souhaiter mutuellement bonne fête. C’est  une cérémonie de pardon et de cohésion.

Cette année, malgré la crise économique, les Maliens restent accrochés à leur coutume qui consiste à célébrer les fêtes avec faste. Partout à Bamako, les préparatifs de la fête vont bon train. Toutefois, l’angoisse et la peur des faux rendez-vous des tailleurs font craindre le pire à certains. Certes, la phase de la couture des habits reste inéluctable, mais comme chaque année, règne une vive tension entre clients et couturiers, dont certains, même débordés, n’arrêtent pas de prendre encore et encore les tissus des clients à l’approche de la fête.

Mory Diabaté, tailleur aux Halles de Bamako, « les clients amènent toujours les habits à la dernière minute et se plaignent après. Nous ne pouvons pas satisfaire tout le monde. Il y a des femmes qui amènent au moins 8 complets pour les enfants et exigent un temps précis pour cela. Pour moi, plus de commandes à moins d’une semaine de la fête ».

Face au refus des tailleurs de prendre des commandes de dernières minutes, ou les faux rendez-vous, certaines personnes font recours au prêt-à-porter. Moussa Diallo, client prêt-à-porter dans la boutique Espace Samassa, justifie son choix. « Pour moi, c’est vrai, le prix est plus cher qu’avec le tailleur, mais c’est plus garanti. Je peux venir, même la veille de la fête, dans une boutique, et acheter mon habit de choix ».

MK, mère de 5 enfants, raconte sa mésaventure. « Suite à une mésaventure de l’année derrière, je ne fais plus confiance aux tailleurs pour la couture des habits de fête de mes enfants. Je lui avais remis mes habits depuis la première semaine du Ramadan. Il les a coupés et juste déposés. A la veille de la fête, je reviens toute enthousiaste pour récupérer mes commandes, mais ma déception a été totale : rien n’a été fait. Le pire, il était injoignable et ses apprentis juraient ne rien savoir.  Et depuis, j’achète tous les habits de mes enfants dans les boutiques de prêts-à-porter».

Pour elle, les tailleurs sont simplement négligents. Comment ceux qui reçoivent les tissus à temps peinent-ils  à respecter le rendez-vous ?  Se demande-t-elle.

                                        www.bamakonews.net

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*