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Front politique : IBK trouve de nouveaux alliés

Huit mois après sa réélection, le Président Ibrahim Boubacar KEITA vient de former un nouveau gouvernement, conduit par le Premier ministre Dr Boubou Cissé et comprenant de nouveaux alliés politiques, dont ses opposants lors de la présidentielle de 2018. Le fait marquant est incontestable l’entrée dans le gouvernement de Tiébilé Dramé, président du PARENA, directeur de campagne du candidat Soumaila Cissé ; Oumar Hamadoun Dicko, président du PSP (membres du FSD); de Housseini Amion Guindo, président de la CODEM (membre de la COFOP).

Certes, on ne peut pas parler de la mort subite de ces deux grands regroupements. Cependant, avec la nouvelle donne, ces deux regroupements qui ont mis à rude épreuve le régime IBK dont ils ne cessaient de dénoncer la mauvaise gestion et le manque de vision, prendront un grand coup. Ce n’est pas la grande messe, au regard du refus d’autres grands ténors, notamment l’URD, le CNID, la tendance ABD du parti ADP-Maliba, le parti SADI. Tout compte fait, le Président IBK retrouve de nouveaux alliés politiques, dont certains étaient ses farouches opposants, élargissant ainsi sa base en prévision des législatives à venir.

Toutefois, dans le camp de l’opposition républicaine conduite par Soumaila Cissé, les militants ne cachent pas leur déception. « Rien n’a changé et nous n’attendons aucune inflexion de la politique en cours avec cette équipe-là », estime un baron de l’URD, en Commune IV du District de Bamako. Du côté d’Aliou Boubacar Diallo (ABD), candidat malheureux arrivé en troisième position lors de la présidentielle 2018, pas de déclaration officielle pour l’instant. Pourtant, c’est lui qui être l’un des gros perdant de ce remaniement. Car le président de son parti, à savoir l’honorable Amadou Thiam, a rejoint l’équipe gouvernementale où il occupe le département en charge des Réformes institutionnelles et des relations avec la Société civile.

Les priorités des priorités ?

Selon l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maiga, au Mali tout est urgent. Ces propos n’ont jamais été aussi vrais qu’aujourd’hui, où rien ne va et tout est prioritaire. Dans cette situation déjà critique, force est de reconnaître qu’il y a des domaines, à savoir la sécurité et l’école, qui ont besoin urgemment de solutions.

Il n’est un secret pour personne, c’est la recrudescence de l’insécurité avec son cortège de morts au centre du pays qui a amené la population, sous l’impulsion des leaders religieux, Mahmoud Dicko et le Chérif de Nioro à exiger la démission du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maiga ; avant que l’initiative ne soit soutenue par les députés. La suite est connue.

Aujourd’hui, l’insécurité qui était résiduelle s’est généralisée. Personne n’est en sécurité en ville aussi bien en campagne. L’autre grosse épine dans le pied du nouveau gouvernement à traiter comme priorité est l’école malienne, dont l’année scolaire 2018-2019 est fortement compromise. Le gouvernement semble en être conscient. La preuve, lors de son premier Conseil de conseil inaugural, il a décidé d’organiser une grande rencontre le samedi 11 mai avec l’ensemble des parties prenantes afin de dégager les voies et moyens pour sauver l’année scolaire. Mais, hélas, les syndicats grévistes ont conditionné leur participation à cette rencontre à la satisfaction de leurs doléances.

En tout état de cause, ils sont très nombreux les Maliens qui sont persuadés que le nouveau ministre de l’Education nationale, Dr Témoré Tioulenta, dispose des compétences requises pour sauver l’année scolaire et redorer le blason de l’école malienne. En effet, s’il y a un secteur qui nécessite qu’on s’y attarde un peu, c’est bel et bien l’école. Tant les chantiers sont énormes. Depuis l’avènement de la démocratie au Mali  en 1991, l’école malienne qui était un substrat du miracle économique malien, est devenue la dernière roue de la charrue.

L’école s’est délitée. Pire, elle n’existe que de nom. Le niveau des élèves et étudiants a considérablement baissé. Les instituteurs et enseignants sont plus préoccupés à faire des grèves qu’à suivre leurs élèves. Le taux d’absentéisme du coup, au niveau des enseignants s’est accru ces dernières années. Car l’affairisme et la démotivation ont pris le pas sur la conscience professionnelle et l’amour du métier.

La situation est identique au niveau de l’Enseignement supérieur qui vient d’être confié à un professionnel, Pr Mahamadou Famanta, qui a désormais pour mission de redorer le blason du système d’enseignement supérieur malien, pris en otage par les syndicats des enseignants et la puissante organisation scolaire et estudiantine, l’AEEM.

Par ailleurs, le nouveau gouvernement doit faire face à des mouvements d’humeur récurrents dans les différents services publics ; l’instauration de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, l’apaisement du climat politique, la décrispation de la tension sociale, la relance économique…A ceux-ci, il faut ajouter les réformes institutionnelles, mais aussi les échéances électorales auxquelles le pays doit faire face cette année.

Les coquilles vides ?

Si le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, peut être qualifié de super ministre au regard du cumul de ses fonctions (PM et ministre des Finances et l’économie), d’autres ministres se retrouvent avec des coquilles vides. Le premier dans ce lot est le désormais tout puissant ancien ministre de la Jeunesse, de l’emploi, et de la construction citoyenne, Porte-parole du gouvernement, Amadou Koita, qui devient un simple ministre des Maliens de l’extérieur.

Qu’est-ce que le jeune KOITA aurait bien fait au Président IBK pour mériter un tel traitement, à la limite assimilable à une véritable descente aux enfers ou une sanction politique ?  Pis, comme si cela ne suffisait pas, l’on l’ampute l’Intégration africaine, confiée à Me Baber Gano, secrétaire général du parti RPM. L’on se demande comment un ministre peut s’occuper de l’intégration africaine et un autre des Maliens de l’extérieur sans qu’ils ne se marchent sur les pieds, pardon sur les domaines de compétences.

Le cas de Kamissa Camara qui quitte un département aussi stratégique et de souveraineté, comme les Affaires étrangères et la coopération internationale, pour se retrouver comme ministre de l’Economie numérique et de la Prospective, n’est pas loin de celui de Amadou Koita. Nul besoin de dire qu’elle doit son maintien dans le gouvernement qu’à la ferveur populaire occasionnée en son temps par son bombardement à la tête de la diplomatie malienne.  Sa sortie aurait été contre-productive pour le Président IBK, car en désaccord avec sa promesse de mettre la jeunesse au cœur de son second et dernier mandat.

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