G5 SAHEL : un mort-né après un si douloureux accouchement !

Le sommet extraordinaire du G5 Sahel, qui s’est ouvert ce mercredi 1er mai, regroupera les cinq chefs d’Etat de l’organisation. Il se penchera sur la question de la lutte contre le terrorisme et de l’opérationnalisation de la force conjointe. Telle est la teneur d’un communiqué de la Présidence du Faso, publié le 23 avril dernier.         

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce sommet extraordinaire du G5 Sahel, ne pouvait pas mieux tomber, puisqu’il semble dicté par l’actualité sous régionale, qui a vu une recrudescence du terrorisme, principalement au Mali, au Burkina Faso et au Niger, où les attaques sont devenues quasi hebdomadaires voire quotidiennes, avec régulièrement des pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants.

Au Mali principalement, l’offensive des Forces de défense dans la région de Motpti, avait fait naître l’espoir de réduire la capacité de nuisance de la bête à sa plus simple expression, à défaut de la vaincre, mais la recrudescence des attaques ces derniers temps dans plusieurs autres localités du pays, est la preuve que la pieuvre terroriste est loin d’être vaincue.

Pire, à ce mal devenu chronique dans les contrées du Sahel depuis maintenant quelques années, sont venus s’ajouter des conflits communautaires qui mettent à mal la cohésion sociale et le vivre-ensemble des communautés locales. On a encore fraîchement en mémoire les drames de Ogossagou et Mondoro, qui ont entraîné des dizaines voire des centaines de morts et des milliers de déplacés et qui ont marqué au fer rouge, la cohésion sociale, avec les relents pestilentiels de stigmatisation ethnique à laquelle la communauté peule semble avoir payé le plus lourd tribut.

Et ce n’est pas tout. Les assassinats ciblés, les enlèvements, les vols, les pillages, les incendies de domiciles et autres symboles de l’Etat…sont autant de maux qui sont venus se greffer comme un gui, à l’arbre du terrorisme dans la sous-région. C’est pourquoi ce sommet extraordinaire du G5 Sahel, revêt une importance capitale, pour redonner du souffle à une organisation dont les populations attendaient beaucoup, mais qui peinent toujours à voir l’impact de l’action sur le terrain.

Faute de financement, la question de son opérationnalisation ne semble pas préoccuper outre mesure en haut lieu, surtout au niveau de la communauté internationale qui rechigne à cracher au bassinet. Autrement, comment comprendre qu’en moins d’une semaine, on ait pu réunir près du milliard d’euros pour la reconstruction de la Basilique Notre-Dame de Paris, là où le G5 Sahel n’a besoin que de deux fois moins pour boucler le financement de sa force commune et aller à l’assaut des terroristes pour sauver des vies en Afrique ? Le pire est que depuis la mise en place de la force du G5 Sahel, les chefs d’Etat de ce regroupement semblent piquées par le virus des réunions et volent de sommet en sommet sans que les lignes ne bougent véritablement dans le sens de l’opérationnalisation de ladite force.

Car, il est regrettable de constater que face à une question aussi préoccupante que celle du terrorisme et ses effets induits et pervers, nos dirigeants donnent finalement le sentiment d’être plus dans les discours de circonstance que dans les actions vigoureuses que la situation appelle sur le terrain. En tout cas, force est aujourd’hui de constater que l’espoir né de la mise en place de la force du G5 Sahel qui était perçue comme l’arme adéquate pour faire face aux terroristes et djihadistes n’est qu’un mort-né après un si douloureux accouchement.

                                                                                  www.bamakonews.net

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