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GUINEE : La polygamie dans l’œil de cyclone des autorités

Dans ce pays majoritairement musulman, la monogamie est en passe de devenir légalement le régime général du mariage. Toutefois, la polygamie reste possible, si la première épouse donne son accord pour permettre à son mari d’épouser une deuxième femme, tenant ainsi compte de certaines réalités socioculturelles du pays. En Décembre 2018, les députés guinéens à la majorité absolue ont adopté un texte qui introduisait la polygamie, dont l’article 281 stipule : « le mariage peut être conclu soit sous le régime de la monogamie, soit sous le régime de la polygamie, limitée à quatre femmes ».

Cette législation n’a pas reçu un écho favorable après l’adoption du nouveau « Code civil » guinéen qui légalise la polygamie. Ainsi, le samedi 29 décembre 2018, des associations féministes avaient adressé une lettre ouverte au Président Alpha Condé, dénonçant leur mécontentement. Les noms d’oiseaux ont fusé à la sortie du Palais du peuple à Conakry, Nanfadima Magassouba, députée et présidente du Forum des femmes parlementaires de Guinée, a claqué la porte du Parlement avec les 25 autres élues en colère : « Un coq pour 10 poules, non merci ! ». Après une 1ère lecture et le retour du texte au gouvernement, le Président Condé avait demandé un vote en faveur de la monogamie.

Suite à cela, le jeudi 9 Mai 2019, les députés guinéens ont voté une loi interdisant la pratique de la polygamie. Le Parlement de Guinée a modifié le Code civil pour faire de la monogamie le régime général du mariage, sauf en cas « d’accord explicite » de la première épouse, prenant à contre-pied le texte voté en fin 2018 qui légalisait la polygamie. En effet, 71 des 73 députés présents ont voté en faveur d’une nouvelle version de l’article 281, qui dispose désormais: « le mariage est soumis au régime de la monogamie pour tous les citoyens guinéens ». En tout cas, ce nouveau texte fait ainsi l’objet de critiques dans les médias guinéens, tant la polygamie fait partie des pratiques courantes, y compris au sein de la classe dirigeante de ce pays d’Afrique de l’Ouest très majoritairement musulman. Pour les Guinéens, certes, ceci est un changement, mais il reste encore beaucoup à faire pour le respect du droit de la femme.

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