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Le voile : Un style vestimentaire ou une prescription religieuse ?

« Le voile »  pour les francophones, «  La kala » pour les Bambara,  est un foulard  couvrant la tête ou le corps des femmes en général et en particulier celles qui sont musulmanes. Au Mali, depuis un certain temps, nous voyons un certain nombre de femmes, (jeunes et adultes) d’adopter ce style vestimentaire. A y voir de près, est-ce une prescription au niveau de la religion ou un phénomène de mode ?

Auparavant, le voile était un privilège des femmes mariées, endeuillées, ou même des religieuses. Signe de pudeur et de modestie, le port du voile est une prescription de la religion musulmane. Le voile féminin a une longue histoire qui date de plusieurs millénaires avant l’Islam. Il est donc difficile de donner une  date exacte à cette tenue vestimentaire. Le voile, apprend-on, serait antérieur de plus d’un millénaire au prophète Mohammed (PSL). En effet, selon les mêmes sources, la première mention de son port remonte aux lois assyriennes (vers 1000 av. J.-C.). Cette loi s’appliquait aux filles, aux épouses et aux concubines d’hommes libres, et aux prostituées sacrées mariées. Ces femmes voilées ne devaient pas être touchées, alors que les femmes non voilées ne disposaient d’aucune protection dans la société.

« Le voile est une obligation pour la femme  musulmane, explique l’Imam Cheick Oumar Konta de Kalaban Coura. Car il est dit dans le coran : « Ô prophète ! Dis à tes épouses, à leurs filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leur grand-voile : elles seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. ». (Sourate al-Ah Zab ou Les coalisés) » . Il ajoute que le voile est un devoir divin qui préserve la réputation de la femme musulmane « une femme doit savoir que le style vestimentaire joue un rôle très important sur sa personnalité, tout comme elle sait quand le port de certaines tenues attirantes peut lui valoir des risques des agressions verbales, mais aussi physiques. »

De l’apparition de l’Islam à nos jours, la tenue de la femme a connu plusieurs visages et a traversé plusieurs modèles de couture suivant la mode ou d’autres conditions. Il y a plusieurs types de voile notamment le hidjab, qui signifie « cacher ». Le Hidjab, cache les « cheveux, les oreilles et le cou » et ne laisse  voir que l’ovale du visage souvent complété par une tunique ou un imperméable. La Burqa, vêtement traditionnel, long, couvrant complètement la tête et le corps, un tissu fin  dissimulant les yeux.

Il ya également le Niqab, voile intégral complété par une étoffe ne laissant apparaître qu’une fente pour les yeux. Il s’est répandu sous l’influence de l’islam wahhabite.

De nos jours le port du voile s’est développé considérablement. Au Mali, plusieurs filles ont la tête couverte et utilisent plus le Hidjab. Ainsi pour  la plupart des femmes maliennes,  le voile relève d’un phénomène d’application de dogme motivé, par une conviction religieuse. Pour elle, le voile  est une identité. « Je porte le voile parce que cela est recommandé dans l’islam. Je ne  porte pas d’habit court et transparent», a dit Minatou Traoré. Quant à  Aissata Soumano, commerçante, le voile n’est pas une tendance. Elle est voilée depuis plus de 10 ans et ne se voit pas sans son voile. « La femme, c’est la pudeur et la religion nous recommande le voile » affirme-elle

Il y’a aussi des femmes qui n’ont pas la chance de choisir le port du voile au Mali. C’est une obligation dans certaines familles maliennes  comme le cas de  Fatoumata Sacko «  je suis née dans une famille wahhabite. J’ai trois sœurs et nous avons toujours porté le voile et nos mamans se voilent également.»

Pour d’autres c’est une question de choix, affirme Tata Diarra étudiante. « J’ai commencé à porter le voile depuis à l’âge de 14 ans. Et depuis j’ai pris goût pour le voile ». Il ressort de cette analyse que pour la femme musulmane croyante et pieuse, le port du foulard est loin d’être un étouffement. Il a été ordonné par Allah parce que l’Islam considère la femme comme étant une perle qu’il faut préserver précieusement.

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