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Ministre de la semaine : Ibrahima Abdoul LY

Ecoute, anticipation et humilité sont les maitres-mots de la gouvernance. Gouverner, c’est répondre aux préoccupations de ceux que l’on gouverne. Entre les erreurs du passé et les enjeux du présent, se trouve la clé de la réussite de toute action politique qui se veut pérenne, efficace et rationnelle.

Le dénouement de la grève de la fin des cheminots, qui aura duré 143 jours, prouve à suffisance qu’en lieu et place d’une solution factuelle, l’espoir, la considération et l’humilité suffisaient. C’est implicitement ce qu’attendent, le plus souvent, les citoyens de leurs gouvernants. C’est ce qu’Ibrahim Abdoul LY a compris, faisant de lui aujourd’hui pour notre rédaction le ‘’meilleur ministre’’ de la semaine écoulée.

L’homme, sur la base des mêmes propositions faites par son prédécesseur mais refusées par les cheminots grévistes, vient de décanter une situation pendante depuis plusieurs mois. A la question de savoir quel a été son secret pour y parvenir, un proche du Groupement des syndicats et associations des cheminots nous confia ceci : « dès que le nouveau ministre a pris fonction, aussitôt après la passation, nous avons été les premières personnes à recevoir son appel. Il a souhaité à ce que nous soyons les premiers reçus ».

A notre source d’ajouter « lors de notre rencontre, il nous a fait savoir que la relance du train était sa priorité et qu’il comptait y arriver avec nous. Il a rassuré que deux mois d’arriérés seront payés cette semaine, deux autres mois ont été engagés et les quatre derniers mois, d’ici la fin du mois de mai…preuves à l’appui ».

Il pourrait aller sans dire que le ministre LY a su surfer sur une vague déjà provoquée par son prédécesseur. L’on pourrait également évoquer un concours de circonstance quand on sait que, en raison du mois de Ramadan et d’un essoufflement, les grévistes s’apprêtaient à déposer les armes. Ce serait, tout aussi, marginalisé les multiples sacrifices des cheminots grévistes ou renié le combat de longue haleine mené par des activistes comme Mamedy Dramé auprès de ces hommes, que de prêter la paternité de cette issue au ministre LY.

Toutefois, l’effet déclencheur lui revient. N’eurent été son humilité, son anticipation et son sens élevé de l’écoute, nous n’en serons pas là. Bien plus que la levée du mot d’ordre de grève de la faim, il décroche la confiance de partenaires sociaux très stratégiques pour son département, instaure un nouveau climat de travail et prouve que le Président de la République ne s’est pas trompé en lui confiant ce département.

A lui, dans la durée, de prouver qu’il mérite la confiance du Chef de l’Etat et que son approche humaine en matière de gestion de crise est un principe et non une stratégie ponctuelle pour attirer les regards et braquer sur lui les projecteurs. Les Maliens attendent des gouvernants, des solutions à leurs problèmes. La question de la relance du train revêt un enjeu économique. Au-delà, le chemin de fer est un élément culturel, c’est-à-dire un aspect de la sensibilité de la vie collective des populations des rails. La vie et la survie de nombreuses familles dépendent essentiellement de l’activité ferroviaire.

Faire de cette question une priorité, le faire savoir aux acteurs et se faire comprendre, décanter une situation qui perdure depuis plusieurs mois, gagner la confiance de ses partenaires sociaux dès sa prise de fonction…n’étaient pas un pari gagné d’avance pour un nouveau locataire des transports. C’est pourquoi, nous devons une fière chandelle au ministre Ibrahima Abdoul LY. Bon vent à lui.

Fousseyni MAIGA

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