Bogolan : Un tissu traditionnel à valoriser

Le bogolan est un tissu teint suivant une technique utilisée au Mali, au Burkina Faso, en Guinée, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. En réalité, le mot «bɔgɔlan », de la langue bambara (la langue la plus parlée au Mali), vient des mots « bɔgɔ » la terre, et « lan », suffixe bambara sans équivalent en français signifiant « issu de ».

Le bogolan désigne à la fois le tissu et un style particulier de teinture.  Une toile plus ou moins épaisse en coton, filée et tissée sur place et d’une largeur variante de 5 centimètres à une douzaine (et plus maintenant) de centimètres et vendue en rouleaux.  Ces bandes sont cousues bord à bord et à la main pour former des pièces de tissu de dimensions variables. A savoir que le même tissu est également confectionné  en côte d’ivoire, au Burkina Faso, en Guinée et au Sénégal.

Dans la culture malienne, il est important de valoriser le bogolan qui est une expression de l’identité culturelle du pays, à travers le monde entier. Le bogolan fait partie du patrimoine culturel malien, car « Le bogolan est notre richesse », reconnaît-on.

Le bogolan joue un rôle très important dans la société malienne. Le bogolan a créé beaucoup d’emplois et de richesses au Mali et ailleurs, car il est encore très convoité surtout par les touristes et autres étrangers.

«La jeunesse malienne doit s’intéresser davantage au bogolan. Les autorités maliennes doivent en faire un programme afin que les techniques de conception soient enseignées dans les écoles et universités maliennes, afin que les enfants, dès leur bas âge, apprennent l’histoire réelle du tissu bogolan qui n’est pas une teinture ordinaire comme les autres. Ce tissu véhicule toujours un message. Par conséquent, il doit être valorisé», conclut Mme Assa Gope Camara

Rappelons que le tissu bogolan est commercialisé localement au Mali dans les années 1970. La production s’est intensifiée dans les années 1980, avec l’apparition de centres de production, comme à San ou à Ségou. Ce type de teinture a également largement été diffusé dans le monde, grâce aux créations du styliste Seydou Doumbia, dit Chris Seydou, dans les années 1980.

Dans les années 2000, les tissus bogolan sont exportés dans le monde entier. Et dans le milieu Bamanan, ce tissu était utilisé par les chasseurs avec la couleur rouge comme une sorte de protection. Également dans certains rituels comme la cérémonie des « djinns ».

Pour certains le bogolan n’appartient plus à un groupe ethnique, avec la mondialisation et la dimension qu’il a acquise au Mali et dans le monde. Aujourd’hui, tout le monde peut faire ce tissu à partir du moment où sa conception est devenue universelle.

Fatoumata KOITA

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