Chambre nuptiale : Pourquoi offrir un couteau à l’homme ?

Conformément aux rites de certaines ethnies maliennes, notamment chez les Peuls, Sonrhaïs et assimilés, le nouveau marié doit se munir d’un sable (long couteau) dans la chambre nuptiale, pour se protéger et se défendre contre les mauvais esprits qui hantent les lieux. Ainsi, rapporte-t-on, il y a près de 25 000 ans que l’homme a su l’existence du couteau. Et depuis, il s’en sert, occupant ainsi une place très importante dans sa vie.

Selon les mêmes sources, avec l’apparition du fer, et l’évolution de la société, le couteau a changé de fonctions et de formes. En effet, le couteau est utilisé comme une arme de défense. Il est également utilisé dans la cuisine pour couper de la viande et autres petits légumes ; par les bouchers ; les chasseurs comme matériel de travail, etc. En outre, dans la chambre nuptiale, le couteau est tenu par le nouveau marié pour protéger le couple contre les mauvais esprits.

Au fait, le couteau est un instrument tranchant. Il peut être utilisé comme arme, mais aussi comme un outil de travail. Si petit et peu coûteux, le couteau peut néanmoins détruire, blesser et même tuer. Au Mali, la tradition d’offrir un couteau à l’homme dans la chambre nuptiale serait très ancienne. Pour certains, c’est un signe de respect, puisque depuis toujours, le couteau est le symbole du pouvoir.

Un traditionaliste malien explique que le couteau aide à guérir, et il est offert à l’homme pour deux raisons fondamentales : il sort de la vie de célibataire, (son statut social va changer). Il intègre la cour des hommes, synonyme de responsabilités. «Dans cette étape de la vie, la responsabilité de la famille sera confiée à l’homme. Il lui sera offert cet outil pour protéger son couple, sécuriser sa famille, solutionner une situation et non pour autre chose. L’homme ou la femme peut utiliser le couteau comme moyen de protection ou de destruction».

«Le fait qu’un nouveau marié tient un couteau dans la chambre nuptiale symbolise les valeurs de protection, de responsabilité, de bravoure et de confiance en soi qui doivent incarner le désormais homme parmi les hommes », explique le traditionnaliste.

De plus en plus, la nouvelle génération a tendance à ne pas croire à ses rites qu’ils qualifient d’archaïques, car n’ayant aucune explication scientifique. Le rejet ou l’inobservation de certaines de nos us et coutumes par la nouvelle génération serait à la base des divorces des jeunes couples, dont certains n’ont aucune explication, conclut notre interlocuteur.

                                                                                                                          Fatoumata KOITA 

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