Société

Chômage : La problématique évolue de manière crescendo

Dans notre pays, de l’université à l’emploi, le fossé reste large. Entre 2016 et 2018, malgré les efforts ayant porté sur la création de «234 000 emplois », selon Boubacar Diallo, directeur général de l’Observatoire national de l’Emploi et la formation (ONEF), des enquêtes ont démontré une fine limite de l’absorption du taux de chômage et de création d’emplois au Mali.

Malgré la multiplicité des Partenaires techniques et financiers, Projets, Programmes et Fonds d’investissements, destinés à l’employabilité des jeunes (Banque mondiale, BID, BAD, ANPE, FAFPA, FARE APEJ, PROCEJ…), la problématique de l’emploi des jeunes reste et demeure une préoccupation à résoudre pour, ne serait-ce que, maitriser le flux migratoire vers l’Occident et dans certains pays d’Afrique.

De source officielle, c’est entre 2011 et 2016, que le Mali a enregistré une augmentation importante du taux de chômage, avant de reculer un peu, en 2017. Selon les chiffres de l’ONEF, en 2016, 14 000 demandes d’emplois ont été enregistrées sur lesquelles, l’ANPE seule a enregistré 58%.

Par qualification professionnelle, révèle l’ONEF, les demandeurs d’emplois sont : des cadres supérieurs (28%), des cadres moyens (27%), les manœuvres (20%), soit les ¾ des demandeurs. Les ouvriers et les employés ferment la marche avec (25% au total). Ces demandes concernent, selon l’Observatoire, les métiers ou emplois dans les secteurs des finances, les BTP et les services de ménages absorbent la majorité des demandes, 51%.

En réponse à cette forte demande enregistrée, dont l’ANPE a reçu 10 355, le directeur général de cette structure, Ibrahim AG Nock, rappelle : « l’ANPE a réussi la création de 3 593 emplois permanents et 2 241 emplois indirects, cela en lien avec la mise en œuvre du Plan stratégique de développement qui prend fin en 2020 ».

Le DG de l’ANPE estime que, l’écart des chiffres se justifie par « le peu d’engouement des chômeurs pour être effectivement en quête d’emploi, suivant les normes du (BIT) Bureau International du Travail  et par l’inadéquation entre l’offre et la demande. » Cela ramènerait à avoir la réponse de la croissance du taux de chômage ces 6 dernières années, par l’inadéquation et le manque de qualité de l’enseignement supérieur où la qualité est loin d’être au centre des préoccupations.

Pour Ibrahim M. Coulibaly, enseignant-assistant à l’Institut Universitaire de Gestion IUG, «chaque année, plus de 123 000 jeunes sortent des Universités, Grandes écoles, Instituts, Ecoles techniques et polytechnique, avec à la limite, une chance très limitée d’avoir un emploi ». Pour l’enseignant vacataire, il urge de : « repenser le système éducatif malien, dès le bas-âge, mais aussi et surtout, enclencher et conduire dans la durée, des efforts de redynamisation de l’enseignement supérieur national en recrutant en qualité et en quantité des enseignants», préconise-t-il. Avant de déplorer que présentement, le Mali dépasse à peine 2 000 chercheurs dans un monde où l’enseignement supérieur est indissociable des recherches.

L’équation est donc là : il urge de la part des plus hautes autorités du pays de mettre la qualité au cœur des dispositifs de l’enseignement supérieur du pays, afin de garantir à la jeunesse malienne, des chances d’avoir un emploi à la fin de leurs études académiques et professionnelles.

Ousmane TANAGRA

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