Fleuve Niger : Les enjeux d’une dégradation aux conséquences désastreuses

Au Mali, l’insécurité concerne aussi le fleuve Niger. Cette richesse qui se classe troisième des grands fleuves d’Afrique (après le Nil et le Congo), tant par sa longueur (4 200 km) que par sa superficie, estimée à 2 millions de km2. Cette mère nourricière de toute la zone d’Afrique de l’Ouest se déverse au Mali, sur une longueur de 1 750 km, pour assurer la survie de plus de 95% de la population malienne dont 2 millions de Bamakois.

Malgré sa très forte contribution, voire incontournable, dans la vie des populations maliennes, le fleuve Niger, de nos jours, se vide peu à peu de son cours d’eau et de sa richesse du fait des effets néfastes du changement climatique. Mais aussi et surtout, du comportement de l’homme qui devient de plus en plus prédateur et contributeur de premier rang de sa pollution.

En effet, l’impact humain sur la dégradation du fleuve Niger est très important. Il se caractérise, entre autres, par l’écoulement des eaux usées, qui a des conséquences au regard  des capacités d’épuration limitées ; le déversement des eaux toxiques (teintures) ; les installations des usines, grands hôtels et lieux publics ;  les sachets plastiques ; les gaz à effet de serre. Tous ces phénomènes contribuent au quotidien à resserrer le cours d’eau et le rendement du fleuve Niger.

Pour le ministre de l’Environnement, de l’assainissement et du développement durable, Housseini Amion Guindo, tout cela doit cesser et l’exemple doit venir de la capitale en premier lieu. «Bamako ne respire pas, mais la ville suffoque à certaines heures de la journée, à cause de nos modes de production et de consommation » a déploré le ministre Housseini Guindo, lors du lancement de la Quinzaine de l’environnement, hier lundi 10 juin 2019, sur les berges du fleuve Niger.

Le message était clair : « changer de comportement pour sauver nos vies ». Il est autant plus clair, quand il est lancé par l’état visiblement affligé du fleuve Niger, qu’on apercevait avec une autre couleur que l’homme lui a prêté par ses actes.  L’urgence est donc là, et le message est palpable : Il faut sauver le fleuve Niger. Cette 20ème édition de la Quinzaine de l’environnement, organisée par notre pays, doit être une opportunité phare de sensibilisation de masse pour soutenir les efforts des plus hautes autorités.

La Politique nationale de la protection de l’environnement, déjà mise en place depuis 1998, peine à atteindre tous ses objectifs escomptés. Ami ou ennemi de l’environnement, la préservation du fleuve Niger se présente, donc de nos jours, comme une exigence citoyenne, qui pourrait sauver les générations actuelles et futures.

Ousmane TANGARA

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