Industrie malienne : Le pôle économique en manque d’appui

La présentation de l’économie malienne fait apparaître un secteur industriel en manque d’actions de la part de l’exécutif. Plongées dans la position de défense du secteur secondaire, nos sociétés de manufacture sont souvent soumises de manière logique aux aléas de l’environnement économique, qu’ils essaient de maîtriser avec leurs maigres moyens.

De nouveaux horizons s’ouvrent pour le secteur industriel malien dans divers domaines de compétences : mines, agriculture, brasserie, emballage et conditionnement, alimentaire, impression- information et numérique. Les efforts du gouvernement (les projets de réformes économiques, d’amélioration de l’environnement des affaires et des investissements, l’incitation financière) pour booster le secteur sont indéniables. Mais les mêmes problèmes basiques persistent, à savoir : le manque d’infrastructures, d’équipements et de ressources en  électricité. L’industrie malienne est en manque de « considération requise » pour se voir compétitive sur le marché de la sous-région.

Les avancées malgré la situation peu encourageante

Les domaines d’activité et de compétence cités forment dans l’ensemble, les périmètres du secteur industriel. Ce dernier est constitué de 765 unités de transformation en activité, dont 52,69% sont installées à Bamako. En 2014, le secteur industriel malien a produit une valeur ajoutée de 742,48 milliards. Selon le rapport corrigé de 2015, le nombre d’emplois crées par les entreprises industrielles est de 30 438 personnes avec de nombreux cas informels. Certes, il bénéficie seulement de 0,03% du budget, mais contribue à hauteur de 15 à 17% à la croissance économique. Le domaine d’activités le plus actif reste cependant la transformation agricole, notamment l’alimentaire.

L’avenir que porte le secteur industriel malien est certain et il participera vaillamment au développement économique et social du pays à travers : la création d’emplois et de valeur ajoutée, la hausse du pouvoir d’achat de la population, une offre diversifiée de produits et un choix de proximité dans les magasins, une baisse du taux de migrations clandestines.

Le cri des acteurs industriels

L’importance du secteur privé, en particulier l’industrie qui est dans un processus de développement, n’est plus à démontrer. Selon Mamadou Sinsi Coulibaly, président du Patronat malien : « pour être compétitif, il faut obligatoirement disposer d’un bon process et le maitriser ». A cela, il faut ajouter, soutient-il, la disponibilité de ressources humaines bien formées et capable d’opérer efficacement les tâches qui lui sont confiées.

Donc, parmi les revendications des acteurs industriels figurent l’accès à une bonne formation des élèves et étudiants maliens, en plus d’autres besoins fondamentaux comme les infrastructures et les équipements, l’eau et l’électricité. Les industriels maliens souhaitent un soutien de l’exécutif à travers des projets réalistes et des actes concrets dans la mise en œuvre de produits finis et semi finis nationaux compétitifs pour une réorientation de la commande publique vers l’intérieur. Ce qui participerait à équilibrer notre balance commerciale qui se trouve déficitaire d’environ 400 milliards de FCFA en 2015, selon la BCEAO à cause des importations de produits industriels.

Le Mali compte 5 à 8 fois moins d’industries que le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Les industriels maliens s’appuient sur ce désavantage comparatif pour exprimer leur volonté de voir un secteur industriel malien plus accueillant et favorable au développement d’activités. En 2017, la grande instance des industrielles maliennes, l’Organisation Patronale des Industries (OPI) a présenté son catalogue des produits industriels « Made in Mali ». Ce sont les résultats du travail de 57 unités industrielles opérant dans plusieurs secteurs industriels maliens : agriculture, emballages et conditionnement, imprimerie, BTP. Etc.

La présentation de ce catalogue avait pour objectif de faire la promotion des produits industriels fabriqués au Mali. Plus que jamais, le secteur industriel malien a davantage besoin de l’appui et du réconfort des plus hautes autorités et du concours de tous ses acteurs pour amorcer son vrai envol économique.

                                                                       Mohamed Coulibaly

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