Le maraîchage à Bamako : Un métier d’avenir

Dans la capitale, au bord du fleuve, un peu partout, la terre pousse. Sur des parcelles non occupées, des maraichers cultivent fruits et légumes, qu’ils vendent tous les jours aux populations, donnant ainsi plusieurs variétés et plus de goût et de couleur à nos plats.

Le maraichage est l’une des principales activités rémunératrices de revenus à Bamako. Il est pratiqué surtout par les femmes et quelques hommes qui assurent l’arrosage de ces potagers qui produisent des légumes, choux, piments, tomates, aubergines, haricots, carottes, oignons, etc. Mohamed Diarra, maraîcher à Bamako, s’en sort bien. Il a accepté notre entretien. Avec l’accroissement des besoins alimentaires, consécutive à la forte croissance démographique qui caractérise Bamako ces dernières années, la sécurité alimentaire est devenue une question primordiale. Pour pallier certaines difficultés, depuis un certain temps, le maraichage connaît un enjeu majeur en termes d’approvisionnement des marchés de la ville en légumes et fruits. Une activité pas facile certes, mais génératrice de revenus, et surtout protectrice de l’environnement.

Avec le taux élevé de l’exode rural, le maraîchage joue son rôle important dans l’employabilité des jeunes, mais aussi et surtout dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté. Notre interlocuteur, un jeune détenteur du DEF (Diplôme d’étude fondamentale), s’est lancé dans le maraichage. A présent, il fournit plusieurs bonnes dames en légumes, qui partent revendre ces produits dans des marchés.

Diarra a abandonné les études par faute de moyen à l’âge de 16 ans. C’est après avoir abandonné les classes, qu’il a décidé de créer sa propre entreprise,  «le maraichage ». « Je suis le premier garçon d’une famille de 7 enfants. Mon père faisait lui aussi du maraichage dans un terrain abandonné. Ce qui lui a permis de nous nourrir et nous envoyer à l’école. A sa mort, j’ai décidé de suivre ces traces. J’ai commencé cette activité avec 10 000 FCFA comme capital. Aujourd’hui, j’emploie  d’autres personnes et gagne bien ma vie», s’est-il réjoui.

Mohamed Diarra prend très au sérieux son travail. Chaque jour, il est le premier sur le lieu. Déjà à 7h, il est sur place pour cueillir les légumes avant l’arrivée de ces clientes qui repartent revendre les légumes dans les  marchés de la capitale. «Ce travail demande beaucoup de temps et d’attention. Il faut savoir quand mettre de l’eau ou pas ; les surveiller en permanence, mettre de l’engrais organique, enlever les mauvaises herbes. Mais, je suis heureux de voir le résultat de mes efforts à chaque récolte».

Le jeune producteur maraicher déplore le problème d’espace pour pratiquer leurs activités. Un problème qui pousse beaucoup de maraichers  à abandonner la profession. « J’exerce ici depuis quelque années, après avoir obtenu la permission du propriétaire de la parcelle. Le jour où il aura besoin de sa terre, je serai obligé de quitter le lieu. Nous avons également d’énormes problèmes d’eau. Je n’ai pas de robinet, donc pendant la chaleur, il me faut acheter de l’eau pour arroser mes plantes.»

Ainsi le maraichage apparaît aujourd’hui comme une activité très importante dans le processus de recherche de la  sécurité et l’autonomisation alimentaire à Bamako, un défi à relever pour les autorités. Une frange importante de la population est très active dans le domaine. Il suffit de se rendre sur les différents marchés de Bamako et environs pour constater à quel point, les légumes sont consommés au Mali. Aujourd’hui, la demande excelle la production à tel point que, les marchants s’approvisionnent dans les quartiers et villages limitrophes des grandes villes. Ce qui pousse certains à revendre les produits un peu plus chers.

De plus, les cultures maraîchères rentrent dans l’alimentation quotidienne de presque tous les Bamakois. Elles représentent une source alimentaire variée qui complète bien les besoins des populations maliennes et améliorent leurs rations alimentaires. Cette diversification des habitudes alimentaires et l’extension des centres urbains suscitent une demande de plus en plus croissante en cultures maraîchères. Ce métier s’adapte au rythme des saisons ralliant  tradition et technologies. Ce qui fait qu’Il est plus que temps d’encadrer la jeunesse  dans les secteurs qui génèrent plus de revenus. Former, accompagner et aider les jeunes à bénéficier du soutien technique et financier des coopératives agricoles, devraient être une priorité du gouvernement.

Adam DIALLO

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