Le racket au Mali : Un problème têtu

Le racket ou la petite corruption est une pratique malsaine qui a toujours existé dans nos sociétés. Mais, au Mali, le phénomène a atteint des proportions inquiétantes. En effet, le racket (ou encore rançonnage, dessous de table, mouillage de barbe, frais de café, prix de thé ou de cola…,) est pratiqué en direct ou en différé dans pratiquement tous les milieux (administration publique ou vie privée) de la société malienne.

Le racket intervient dans plusieurs circonstances, que l’on soit en situation régulière ou pas (pressé de passer un contrôle de routine, pour défaut d’une pièce d’identité ou d’un document de votre engin). Aussi, à travers le paiement d’un pot-de-vin, dans la plus grande discrétion, pour faire passer un dossier ou bénéficier d’un bon positionnement devant les banques, les centres de paiement de factures ou autres choses. Par ailleurs, même dans les centres de santé, dans les salles de classe, d’examen ou de concours, l’on n’hésite plus à payer quelque chose pour obtenir ce dont on a besoin.

Le phénomène s’opère partout dans notre société, même dans les endroits les plus insoupçonnés. Un saut chez les forces de sécurité (police et gendarmerie), surtout au niveau des postes de contrôle à l’entrée ou à la sortie des localités, montre l’ampleur du racket qui, au su et au vu de tout le monde, est érigé en véritable moyen d’enrichissement pour les agents publics. Rien à faire : les voyageurs sans papiers, les ressortissants d’autres pays, les transporteurs et conducteurs routiers en situation irrégulière, ou même régulière, sont tous obligés de mettre la main à la poche pour passer.

Il suffit qu’un véhicule de transport en commun s’immobilise au niveau d’un poste de contrôle et parfois même de sécurité, pour que le policier ou le gendarme, au lieu de se s’occuper des défauts apparents du véhicule, monte à son bord, muni d’un carnet, pour procéder à la vérification des cartes d’identité des passagers. Ceux qui n’en disposent pas ou ceux dont la carte est expirée sont invités à aller dans le bureau où chacun paiera une contravention de 1 000 FCFA, sans reçu. Cet exercice désolant est systématique sur tout le trajet.

Avec les cartes NINA qui ont valeur de pièce d’identité, le racket s’est un peu estompé, mais la pratique est toujours en vigueur. Malgré les nombreux efforts de l’Etat pour lutter contre le fléau, la situation devient critique. La preuve, le rapport de l’Observatoire des pratiques anormales (OPA) a toujours indexé le Mali comme étant le pays le plus tracassier de la sous-région. Une situation qui a des percussions sur la fluidité de la circulation, ainsi que les coûts des produits.

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