Mali : La survie d’une économie menacée !

La société humaine est composée d’individus avec des préférences diverses. Ces individus par essence, sont des éternels insatisfaits. L’Homme par nature, n’est jamais complètement comblé. Pourtant, les ressources à sa disposition sont rares voire limitées. Dès lors, ces individus, dans la quête perpétuelle pour combler leurs besoins, sont contraints par un impératif d’arbitrage, de calcul, de choix réfléchis.

De l’analyse microéconomique qui étudie les comportements des agents économiques de façon séparée, l’hypothèse de rationalité fait de l’homme un individu qui cherche à maximiser la satisfaction de ses intérêts personnels en minimisant les coûts. C’est cet arbitrage qui s’effectue perpétuellement sur les différents marchés de l’économie entre consommateur (maximise l’utilité), vendeur (maximise le profit via le prix), travailleur (maximise le salaire), banque (maxime la rentabilité des emprunts via le taux d’intérêt), et l’Etat (en tant qu’agent économique, maximise le bien-être collectif).

Crise sécuritaire : l’investissement a horreur de l’incertitude !

Dans une économie, le volume de production est inextricablement lié au niveau d’investissement. Le produit intérieur brut (PIB) qui mesure la croissance économique et donc le bien-être économique, augmente avec la hausse de l’investissement. Plus les acteurs d’une économie investissent, mieux les emplois se créent et le taux de chômage baisse, ce qui, de facto, diminue le risque de crispations sociales. Néanmoins, il convient de préciser qu’un investisseur s’attend toujours à un retour sur capital investit, retour fonction de l’équilibre social.

L’équilibre social relatif à la stabilité sociale et l’équilibre économique se rapportant à une compensation des forces de l’offre et de la demande de biens et services sur le marché, sont deux phénomènes qui s’impliquent mutuellement. Avec la situation d’insécurité qui sévit dans le nord, les tueries récentes dans le centre constituent un facteur de plus sur le déséquilibre social et de facto, impactent l’épanouissement et la prospérité du développement.

En effet, le commerce, l’échange de biens et services ne sied pas avec le déséquilibre politico-sécuritaire et cela, peu importe sa forme et sa nature. L’économie ne peut prospérer que dans un contexte de stabilité. Plus elle prospère, mieux elle réconforte la stabilité et donc l’équilibre social. En situation de déséquilibre, les conséquences peuvent toucher le volume d’investissement privé interne, mais aussi étranger, à cause de la crise de confiance en l’évolution de la conjoncture économique par les acteurs économiques investisseurs.

Un ralentissement de l’investissement compromet la croissance économique et donc la création de richesse, ce qui impacte négativement sur le niveau de l’emploi des facteurs de production de l’économie. Une diminution de l’emploi est synonyme de baisse de pouvoir d’achat et donc d’augmentation du chômage. Cet enchainement de faits réconforte les crispations sociales et envenime le déséquilibre. Les risques des « débordements » du ressentiment que celle-ci suscitent dans certaines couches de la population, mettent en danger l’édifice social tout entier.

Maximiser le consensus social pour s’en sortir :

Au-delà des discours qui prétendent vouloir restaurer le plein emploi, la croissance économique, la stabilité des prix, la meilleure redistribution des richesses de la nation etc., les mesures politiques si elles existent dans le contexte malien, sont par essence une stratégie de vouloir maximiser davantage le désire de conservation du pouvoir, de privatisation de l’appareil étatique. Cette conception ultra-individualiste de la république, fondée sur l’égoïsme démesuré, a favorisé l’instauration des clans privilégiés.

L’économie publique, branche de la science économique qui étudie l’ensemble des activités économiques du secteur public (l’Etat central, les collectivités territoriales et les organismes d’assurance sociale) est aujourd’hui en crise au Mali. La sphère politique, plutôt que de s’autoréguler et être passionné de « l’intérêt général » sur le marché de biens et services, a favorisé la confrontation entre différentes motivations personnelles, intérêts de groupe et mis ainsi l’Etat en échec. L’Etat malien tel que conçu aujourd’hui n’est plus capable d’assurer ses fonctions régaliennes, ce qui engendre des déplacés internes : PHENOMENE NOUVEAU DANS LA VIE DE CETTE VIEILLE NATION.

Dans cet environnement de confrontation d’intérêts particuliers, ce sont les groupes minoritaires avec des motivations fortement hétérogènes qui dominent et influencent dans les prises de décision au détriment des groupes majoritaires, bien plus nombreux avec des préoccupations plus communes et homogènes : les consommateurs et les contribuables. Dans cette situation d’incertitude, plus que jamais, l’appel est à la conscience patriotique des différents acteurs politiques et le devoir citoyen du peuple. Toujours est-il que dans une démocratie, force et honneur reviennent au peuple. Mais encore faudrait-il que ce peuple prenne la conscience de sa mission générationnelle !

Khalid DEMBELE

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