QG du G5 Sahel: Le niet des habitants de Badalabougou

Les habitants de Badalabougou continuent de protester contre leur cohabitation avec la Force conjointe G5 Sahel, dont le QG vient d’y être transféré, après l’attaque de son camp à Sévaré, en juin 2018. En effet, ils étaient très nombreux à sortir, le vendredi 14 juin dernier, pour manifester leur désapprobation. Ils ont affronté les forces de police, venues aussi en nombre, pour empêcher leur mouvement de contestation.

Au départ, les policiers ont confiné les manifestants sur un bout de trottoir. Ceux qui étaient parvenus à rejoindre le cortège ont été refoulés. Mais brusquement, les esprits s’échauffent, et la situation s’est dégradée. Alors éclatent des affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre. Les premiers jetaient des cailloux et brulaient des pneus. Les seconds ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes, sans parvenir réellement à disperser les manifestants, déterminés à faire déguerpir la Force du G5 Sahel.

Aujourd’hui, l’on se demande si la Force du G5 Sahel n’a pas peur des terroristes ? La question est d’autant plus pertinente que la décision d’installer le siège de la Force antiterroriste dans le Centre du Mali, à mi-chemin entre la capitale Bamako et le Nord du pays, où pullulent les groupes armés et autres groupes terroristes de tout acabit, semblait répondre à des besoins militaires stratégiques, pour être « au cœur de la lutte contre le terrorisme dans les cinq pays membres du G5 ». Mais, moins de deux ans après son lancement, il s’est avéré que la Force conjointe qui passait pour être l’arme fatale contre les forces du mal, peine à montrer véritablement son efficacité sur le terrain.

L’objectif de traquer les terroristes est encore au stade de vœu pieux pour le G5 Sahel. La preuve : les multiples attaques terroristes continuent de faire de nombreuses victimes civiles et militaires. Pour les Maliens, sa place est plutôt sur le théâtre des opérations, au Nord ou au Centre du pays, où sévissent les forces obscurantistes ; et non dans un quartier résidentiel de Bamako, comme si elle venait se cacher au milieu des civils pour s’en servir de bouclier. Si ce n’est pas le monde à l’envers, cela y ressemble fort.

www.bamakonews.net

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*