Rapport annuel du Médiateur : Le foncier ravit toujours la vedette

Le Médiateur de la République, Baba Akhib Haidara, a animé, le jeudi 30 mai 2019, une conférence de presse, dans ses locaux, dont l’objectif était de présenter son rapport annuel 2018 aux hommes de médias. C’était en présence de ses collaborateurs.

Le rapport annuel du Médiateur de la République retrace l’ensemble des activités menées au cours de l’année de référence. Il informe sur l’ensemble des activités menées par le Médiateur de la République dans le cadre de sa mission visant à la transparence dans l’action de l’Administration et l’amélioration des relations entre les services publics d’une part et les usagers de ces services d’autre part. A ce titre, et dans la mesure où il reflète les préoccupations exprimées par nos concitoyens vis-à-vis des services publics et formule les recommandations du Médiateur de la République tendant à corriger les dysfonctionnements ayant occasionné ces plaintes, le rapport annuel constitue, pour les pouvoirs publics, non seulement un outil d’information mais aussi, le cas échéant, un outil de décision.

Ledit rapport, en plus d’une introduction et d’une conclusion, comprend trois parties essentielles : le traitement des réclamations et des interpellations ; les autres activités du Médiateur de la République et enfin les commentaires et recommandations. Ainsi, concernant l’état des dossiers de réclamation reçus et traités, le Médiateur de la République a révélé que du 1er janvier au 31 décembre 2018, son organisme a reçu 137 nouveaux dossiers de réclamation qui s’ajoutent aux 67 dossiers non clos en 2017, faisant un total de 204 dossiers traités à hauteur de 78,43%.

Aussi, a-t-il précisé, sur les 204 réclamations, 35 ont été déclarées irrecevables et 169 recevables. Ajoutant que parmi les 44 dossiers en cours de traitement, il faut noter que 37 sont en attente de réaction de l’Administration, 05 sont en instruction et 02 sont en attente de réaction du réclamant. Par ailleurs, dira M. Haidara, ces 204 réclamations sont reparties entre la gestion domaniale et foncière, la justice, la gestion des carrières, la protection sociale, les contrats et marchés publics, les litiges privés, l’éducation. Etc.

Selon le Médiateur Haidara, les réclamations reçues en 2018 proviennent de l’ensemble des Délégations territoriales, du District de Bamako et de l’étranger. « Le District de Bamako fournit le plus grand nombre de réclamations. Il est suivi par les régions de Ségou, Sikasso, Koulikoro, Kayes, Mopti et de Gao », a-t-il révélé. Par ailleurs, souligne-t-il, l’analyse des griefs formulés par les citoyens à travers les réclamations et les interpellations, démontre la persistance et l’augmentation des dysfonctionnements relatifs à la gestion domaniale et foncière.

Pour lui, les conflits de terres de culture, les conflits de pâturage, les conflits de terrains d’habitation sont des phénomènes de plus en plus répandus à cause des pratiques corruptives, signalées dans le système administratif et judicaire. Enfin, déplore le Médiateur, la spéculation foncière met en cause directement les autorités administratives, politiques et les collectivités territoriales chargées de la gestion domaniale et foncière.

Seydou K. KONE

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