Transports en commun : Le calvaire des Bamakois

A Bamako, plusieurs moyens de transports en commun sont mis à la disposition des citadins ne disposant pas de véhicule personnel. Il s’agit des taxis, des Sotramas, les motos-taxi (Kata-katani), des bus, etc. Toutefois, se déplacer à Bamako est un véritable casse-tête pour les usagers de ces transports en commun, surtout les Sotramas, qui vont au-delà du nombre de personnes autorisées.

La surcharge dans les transports en commun, ceci n’est qu’un secret de polichinelle, est à l’origine de beaucoup d’accidents de la circulation. De même, les petits voleurs et autres délinquants profitent de cette surcharge, pour chiper aux passagers, téléphones portables, portemonnaies ou argent.

En effet, même si toutes les places assises sont occupées, certains passagers se tiennent debout jusqu’à destination, créant la frustration chez certains passagers. Mais, d’autres s’enfichent : l’essentiel pour eux est d’arriver à destination, se souciant peu des risques qu’ils encourent tous de cette surcharge.

« Apprenti, il n y a plus de places, pourquoi voulez-vous prendre encore des clients», se plaignent tous les passagers des sotramas, surtout aux heures de pointe. Une situation de plus en plus décriée par les abonnés de ces transports en commun peu coûteux.

Fatima une étudiante raconte son calvaire quotidien. « J’emprunte le bus chaque matin pour me rendre à l’école, faute de moyen personnel. Les apprentis nous entassent comme des sardines. C’est vraiment dérangeant. Dès fois, des clients à l’hygiène douteuse se collent ou se frottent aux autres. En outre, les chauffeurs conduisent comme bon leur semble et pire ils font la course lorsqu’un autre véhicule tente de les dépasser, surtout s’ils sont de la même ligne. Les passagers ont beau se plaindre, mais rien à faire. Mais, nous n’avons pas le choix ; nous sommes obligés de les emprunter pour ne pas arriver en retard en classe».

Selon un client du bus d’Hamdallaye ACI, les chauffeurs et leurs apprentis soudoient les policiers de la circulation routière (CCR) avec de l’argent pour échapper aux sanctions. La surcharge dans les moyens de transport, notamment dans les Sotramas, est un phénomène récurrent, et connu de tous, qui constitue un danger permanent pour les usagers.

Si certains expliquent le phénomène de surcharge des Sotramas par l’incivisme des chauffeurs qui ne respectent pas les règles du Code de la route, avec la complicité des agents de police, d’autres l’attribue à la loi du marché, à savoir l’offre et la demande : les surcharges sont perceptibles pendant les heures de pointe ; et les Sotramas circulent presque que vides en dehors de cette période précise de la journée.

Même si la surcharge est reconnue comme un réel danger, le client est contraint des fois à ne pas en tenir compte, faute de moyens et de temps. Un passager, qui doit se rendre à un lieu donné et à une heure précise, n’aura plus le choix que de prendre le premier bus qui se présente à lui, quel que soit le nombre de passagers qui est à bord de ce véhicule.

Outre la surcharge, les Bamakois assistent impuissamment à l’augmentation des tarifs pendant les périodes festives ou la nuit. Une décision unilatérale des chauffeurs et leurs apprentis. En effet, pour un non habitué de ses transports en commun, il est très fréquent de se faire berner par les apprentis. Certains sont descendus du véhicule à des kilomètres ou même à l’opposé de leur destination. L’impuissant passager n’a plus d’autre choix que d’emprunter un autre Sotramas ou de débourser deux fois le même tarif.

Ama Kienou déclare avoir été victime de ses manigances plus d’une fois. « A mon arrivée à Bamako, beaucoup de ses apprentis ont profité de ma naïveté. Un jour, je me suis retrouvé jusque sur la route de Sénou, alors que j’avais précisé à l’apprenti que je me rendais à Niamakoro. Plus grave, les apprentis chauffeurs me faisaient payer 200 FCFA, alors que le tarif normal varie entre 100 et 150. Un autre jour, le chauffeur d’un bus m’a déposé à des kilomètres de mon école, soit disant qu’il ne peut pas passer là-bas. Or j’avais un examen ce jour-là. En tout cas, je me suis fait bien avoir à maintes reprises dans ses transports en commun. »

En plus de ses arnaques, ses apprentis se permettent d’insulter les personnes âgées. Le client est traité comme un roi avant d’emprunter le véhicule. Une fois à l’intérieur, c’est la galère totale jusqu’à destination. Pour un trajet de 15 minutes, il faut prévoir 45 minutes, voire plus, quand on emprunte les transports en commun, en raison de leurs incessants arrêts pour embarquer ou débarquer un passager.

Par ailleurs, si les taxis sont reconnus pour leur confort, et rapidité, il n’est pas rare de voir ces moyens de transport « VIP » se transformer en Sotramas à leur tour. En effet, les taxis peuvent souvent embarquer plusieurs passagers qui ont des destinations différentes. Cette  situation interpelle non seulement les acteurs du secteur, mais aussi les plus hautes autorités du pays à qui incombe la sécurité des personnes et des biens, tout en veillant à la bonne circulation de tous les citoyens.

Assitan Siga FADIGA

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