Un peuple – Un but – Une foi : Une devise nationale dévoyée

L’accession de notre pays, le Mali, à la souveraineté nationale et internationale n’a pas été de la seule volonté de la puissance coloniale. C’est une vérité historique : la France ne pouvait qu’accorder l’indépendance aux pays sous son giron. Modibo Kéita, Mamadou Konaté, Seydou Badian, Amadou Traoré dit Amadou Djicoroni ont lutté pour l’indépendance du Mali. Mais le clivage Nord-Sud, c’est-à-dire le régionalisme, a fragilisé l’unité nationale. Cette fracture a fait perdre à la devise nationale : Un peuple-Un but-Une foi, tout son sens.

Mais le rejet de l’autre, le manque d’amour fraternel entre Maliens, depuis la crise de 2012, n’ont-ils pas fait le lit du népotisme et du favoritisme et sapé les bases du développement ? Dans cet ordre d’idées, les postes nominatifs les plus rémunérés ne sont pas occupés par les hommes qu’il faut. Des considérations d’ordre ethnique, racial et autres ont primé sur la compétence. La conséquence de ces impairs, c’est la qualité des ressources humaines qui est ainsi sabordée. Et le service de la justice devient une affaire de bras longs, un exercice à géométrie variable.

Dans la même veine, il faut admettre qu’un arbre ne tient que par l’ancrage de ses racines. En clair, la mal gouvernance découle des visions peu ambitieuses que les politiques nous servent. La preuve : les perspectives de développement intègrent insuffisamment l’éducation parentale, civique et morale. En effet, on ne bâtit pas du consistant et du durable sur du sable mouvant. L’édifice ainsi bâti ne résistera point aux intempéries.

C’est pourquoi, il nous faut retourner aux fondamentaux en redonnant à notre devise nationale toutes ses lettres de noblesse. Car, à y analyser de près, le frein au développement de ce pays, c’est la perte de ces repères. Le mal ne peut être soigné qu’à la racine. Agir autrement, c’est faire de la pyramide renversée, autrement dit c’est mettre la charrue avant les bœufs. Nos gouvernants s’emploient à administrer des calmants. Or aujourd’hui, on a besoin d’un véritable reformatage de la société malienne pour revenir aux valeurs fondatrices d’une nation.

Le gouvernement actuel est-il du même avis ? Pas si sûr, rien qu’en à juger par sa gestion des débrayages en cours. Le gouvernement est en train de se planter dans les préparatifs du projet de la révision constitutionnelle, dont certains en ont fait une affaire personnelle, alors qu’elle devra concerner l’ensemble des Maliens. L’humilité est la marque des grands hommes ; la reconnaissance de ses erreurs et le respect de la parole donnée le sont également.

A la place d’un rétropédalage qui traduirait la prise en compte des aspirations des populations, les gouvernants actuels continuent d’émousser l’enthousiasme populaire du 16 août 2018. L’heureux élu de la présidentielle de 2018 est sûr de sa science et croit mordicus que les fruits seront à la promesse des fleurs à la fin de son quinquennat. Soulignons, pour notre part, qu’il nous faudra travailler autrement, penser le développement autrement pour donner à notre devise nationale, tout son sens, si nous voulons révéler le Mali au monde au-delà des slogans creux.

Paul Y. N’GUESSAN

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