Vendeurs ambulants : Des soldats de la survie !

Nombreux sont ces jeunes ruraux qui vivent de petits commerces à Bamako. Ils quittent leur village pour la ville à la recherche d’une vie meilleure. Communément appelés «vendeurs ambulants », ces jeunes mènent au quotidien, une vie de combattant, à travers les grandes artères de la capitale malienne. Pour comprendre leur monde, on est allé à la rencontre de ces jeunes. Reportage.

Courant dans tous les sens, sous un soleil ardant, transpirant à grosses gouttes, Souleymane Diarra, nous parle de son quotidien. «Je vends ici tous les jours. Je suis obligé. Je ne suis pas venu à Bamako pour dormir ou m’amuser. Je vends toute sorte d’articles. Je suis les tendances.

Actuellement, je vends, au Monument de la paix, des mouchoirs pour voitures et des essuies glaces. Malgré que ce métier soit très fatigant, il m’arrive de faire 6 fois le tour du Grand marché par jour. Ici, il n’y a pas question d’homme ou de femme. Les filles sont plutôt de bonnes vendeuses. Comme vous le voyez, en général, on ne vend pas les même articles».

D’autres vendeurs nous confient que, de nos jours, tout le monde est pressé et les clients n’ont plus de temps à perdre pour faire des achats dans la circulation. Il faut être très chanceux et surtout courageux. «Je vends des habits de la friperie pour enfants. Je collectionne les échantillons avec des dames au «Rail da», puis je les repasse et les revends à un prix abordable. J’ai plus d’hommes comme clients et cela me plait, car les hommes ne discutent pas trop les prix alors que les femmes te propose des prix pas raisonnable», affirme Moussa Koné.

A la recherche du pain quotidien, ils sont souvent injuriés, frappés ou même victimes d’accidents. Certains usagers les trouvent embêtants et encombrants. «Souvent, on est embêté par les vendeurs ambulants qui perturbent la circulation. Si nous voulons quelque chose, on ira au marché. La chaussée n’est pas faite pour le commerce. Les autorités doivent prendre plus de disposition», dénonce un passant.

Le commerce ambulant est devenu un véritable busines, où chacun essaie de gagner sa pitance. Même si cette pratique est à la base d’embouteillages et d’accidents de la circulation, elle n’est pas encore prête à disparaitre aussitôt. « Tu veux combien », dit un vendeur ambulant à une cliente dans sa voiture qui attendait que le feu passe au vert. «Je veux les deux jeux à 1 200 FCFA », répond-elle. Le feu est vert, mais la discussion se poursuit. Ainsi pour ne pas perdre de l’argent, le vendeur cède et l’échange se fait aussi vite que possible car les usagers commençaient à se plaindre.

Aujourd’hui, presque partout à Bamako, on rencontre ces jeunes, sur les voies publiques, dans les bureaux, devant les écoles, aux différents feux tricolores, les ronds-points, etc. Ils proposent divers articles, tels que les ceintures, les montres, des bidons, des jeux pour enfants, des lunettes, etc.

Sirima Sacko, revendeur ambulant, «je travaille dans la boutique de mon grand frère à Dabanani. Mais j’ai décidé de faire ce travail, car l’ambiance était morose au marché. Et dans la journée, je peux avoir 5 000 FCFA de bénéfice et même plus, si j’ai de la chance ».

Par ailleurs, ces jeunes ne manquent pas d’astuces marketing pour attirer leurs clientèles avec des slogans bien accrocheurs comme : « mouchoir climatisés », « les tapis venus directement de la Mecque », « chaussures glacées ». Tout cela pour attirer les clients qui tardent parfois à se décider. Car il y a des clients qui ne font pas confiance en ces produits, mais la stratégie marche bien généralement. Et ils s’en sortent tant bien que mal. «Je gagne bien. J’arrive à subvenir à mes besoins et ceux de mes petites sœurs grâce à ce métier. Je ne dépends de personne et je peux gagner jusqu’à 2 000 FCFA par jour ou plus», confie Chata Sanago, vendeuse ambulante de croquettes.

Tout comme Chata, ils sont des milliers à tirer leur épingle du jeu, grâce à ce commerce, manière de lutter contre la pauvreté dans un pays où le chômage frappe bon nombre de jeunes. Donc, chaque jour est un défi pour ces vendeurs ambulants qui n’ont pas voulu emprunter le chemin de l’immigration clandestine, une aventure plus dangereuse et incertaine que ce qu’ils connaissent dans leur pays. Là au moins, ils vivent parmi les siens, malgré les dures réalités du moment.

Adam Diallo 

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