Société

Vie de couple : « travailler » rime-t-il avec le statut d’épouse ?

Dans la société moderne, le mariage est un consentement entre les futurs époux, qui, souvent, se rencontrent et se mettent d’accord pour mener une vie, basée sur l’entente, le respect mutuel et l’entraide financière.

L’homme, étant le chef de la famille, se voit dans la posture de tout apporter à la femme qui est considérée comme un être faible. Cette comparaison remonte à des temps bien éloignés où la femme a toujours été un être inférieur aux yeux de l’homme. Donc le travail revient à l’homme. Ce qui permet donc à la famille de vivre grâce au salaire qu’il gagne. Du point de vue de la plupart des hommes maliens, la vie de la femme au foyer doit se résumer aux travaux ménagers : les tâches domestiques, comme la  cuisine, la lessive, le repas, le ménage tout en contribuant pleinement à l’entretien du foyer qui est perçu comme le rôle actif de la femme dans sa vie au foyer.

El hadj Soumaila, chef d’entreprise, a une vision très calée du rôle de la femme. «Ma femme doit être à la maison pour s’occuper de mes enfants et leur éducation. En rentrant du travail, elle doit être là à m’attendre avec impatience. Elle n’a plus besoin d’aller travailler. Je gagne assez pour nous deux. Quand la femme travaille cela signifie que l’homme a failli à l’un de ses devoirs les plus élémentaires. Si la femme gagne plus que l’homme, tu ne pourras plus la contrôler. Elle fait ce qu’elle veut, libre de ses faits et gestes. Et finalement, tu perdras définitivement ta place de chef de famille».

Par contre, estime Issiaka Kouma, enseignant, la femme doit travailler. Selon lui, dans notre société moderne, la place de la femme n’est pas seulement dans le foyer. Elle peut contribuer au développement socioéconomique autant que l’homme. « Je ne partage pas l’avis selon lequel la femme devrait rester au foyer. Au nom de quoi la femme doit rester à la maison pour s’occuper des enfants seulement ? Cette pensée est totalement moyenâgeuse », dira-t-il.

Si l’on ne tient compte que des critères financiers, le travail de la femme devrait être un soulagement pour tout homme. À cette idéologie, s’ajoute celle de la jalousie qui peut expliquer certaines réactions d’un autre âge. Ahmadou Tounkara, fonctionnaire de son état, désapprouve totalement le fait que sa femme occupe certains postes comme le secrétariat de direction. « Au Mali, dans certaines institutions, les secrétaires se font toujours courtisées par leurs patrons,  surtout si elles sont jeunes, belles et présentables. On ne peut pas faire totalement confiance à une femme, il faut la surveiller éternellement».

Une autre réponse reflète directement cette jalousie abusive. « madame travaillait avant et avait un bon salaire, mais elle était tout le temps absente et rentrait tardivement à la maison. J’ai beau essayé d’être compréhensif, finalement, je lui ai demandé de choisir entre moi et son boulot. Elle a cessé le travail», a confié un autre interlocuteur.

Les privilèges du travail de la femme…

Sous d’autres cieux, le travail de la femme constitue un premier atout pour trouver un mari. En effet, les jeunes hommes, ayant vécu les changements, savent qu’ils ne peuvent plus jouer le rôle du patriarche qui dirige un foyer d’une main de fer. Parce qu’avant toute chose, ils savent qu’ils ne peuvent plus subvenir aux besoins de cette société de consommation, où la crise peut sévir à tout moment.

La femme de nature est protectrice. Une femme qui travaille s’occupe davantage des frais du foyer. Elle ne pense qu’améliorer le quotidien de la famille. Elle prend en charge tout le confort qu’elle sait apporter à une maison. Ses enfants bénéficient d’une meilleure alimentation, d’une bonne scolarisation et des soins et pleins d’autres.

Rokya Diawara, agent commercial, porte ici cette conception du rôle de la femme. «Nous les femmes d’aujourd’hui, nous avons de la chance d’être libres de travailler. Pourquoi s’en priver et devenir un poids ou une charge pour son mari, alors qu’à deux, nous pouvons faire tant de choses. Il faut qu’une femme soit pleinement épanouie, pour qu’elle aide son mari dans la prise en charge des dépenses».

                                                                    Dima Kontao

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