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Achat de la vignette : un devoir civique à rude épreuve

Au Mali, si le civisme fiscal, en général, connait un frein préjudiciable au trésor public, l’assiette sur les vignettes, quant à elle aussi, connait un gros fossé.

Perçues sur les automobiles, motocycles, tricycles, le paiement de la vignette, ce petit sésame qui pourtant peut fortement contribuer à l’économie nationale ou celle des communes, connait de fortes limites.

La preuve : les perceptions sur les vignettes, surtout au niveau des motocyclistes, qui coûtent 6 000 FCFA l’année, soit 1000 FCFA le mois, sont déficitaires à plus de 50%, selon la mairie du District.

En effet, si les receveurs-percepteurs de la mairie du District déplorent une recette morose sur les vignettes, aux niveaux des directions régionales ou autres circonscriptions administratives (habilitées par la loi fiscale à percevoir l’assiette sur les vignettes), la situation est moins reluisante.

Et pourtant, en payant cette taxe spécifique, l’on accomplie un devoir civique, mais aussi contribue pour  l’entretien efficace des routes, tout le temps demandé par les usagers.

A Bamako, par exemple, dans la circulation, il est très fréquent de voir les usagers se plaindre de l’état dégradé des routes.

Adama D Traoré, mécanicien installé au bord du goudron à Faladiè, dit payer chaque année la vignette. Toutefois, il ne comprend pas pourquoi les autorités ne fournissent pas d’effort suffisant pour améliorer l’état des routes, alors qu’on demande toujours aux usagers de payer les vignettes.

Par contre, selon Mohamed Touré, enseignant au Lycée Kankou Moussa, « l’Etat se débrouille autant qu’il peut chaque année en investissant des milliards de FCFA pour l’entretien des routes. Il faudrait un suivi, afin de maintenir les routes en vie durant longtemps » a-t-il estimé.

Il s’agit là d’une difficile mission, avoue-t-on, à la direction générale des Impôts et dans les mairies, où l’on déplore un gap financier énorme quant à la perception des recettes sur les vignettes chaque année. Les structures en charge de l’entretien routier déplorent, elles aussi, un déficit sur les redevances, traduisant ainsi logiquement des limites dans l’entretien routier.

Alors, il sied pour toutes les structures concernées, d’intensifier les campagnes de sensibilisation et d’éducation, afin d’éveiller les consciences au paiement régulier des vignettes. Pour ce faire, ne serait-il pas mieux de décentraliser les points de vente de vignettes pour motos dans les mairies des communes de Bamako en plus du District de Bamako. Toute chose qui va mettre fin aux longues files d’attente des usagers qui veulent s’en acquitter au seul niveau de la mairie du District de Bamako.

Ousmane Tangara

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